Wir sind Europäer

 

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Nous avons fêté ce week end, le 10 eme anniversaire de notre jumelage avec la ville allemande d’Engen. De toutes les manifestations qui se sont succédées, la plus émouvante a certainement été la cérémonie  devant l’arbre de jumelage durant laquelle les enfants des écoles ont repris l’hymne européen accompagné d’une simple guitare, en français et en allemand.

C’est en 2000 que nos deux villes se sont jumeléesdate pivot s’il en est, la fin d’un siècle plus que tourmenté pour l’Europe et les prémices d’un nouveau millénaire qui débute pour nos deux villes par une belle histoire d’amitié. Depuis, l’arbre planté pour l’occasion a bien poussé, au propre comme au figuré. La greffe incontestablement a prise et l’arbuste, un chêne,  a développé des rameaux débordant de vitalité, laissant place peu à peu à un jeune arbre qui ne demande qu’à s’épanouir.

Durant ces 10 années, grâce à l’énergie et à la volonté de quelques uns, qu’il faut remercier, les occasions de se retrouver n’ont pas manqué, que ce soit à Trilport ou à Engen ! Chaque année une manifestation, une visite, a rappelé à nos deux villes l’existence de l’autre …
U
n jumelage sans échanges concrets, sans moments de fête partagés, est comme une ruche sans vie, sans miel, sans nectar; à quoi sert alors une ruche ? Il faut chaque année butiner, se rencontrer, échanger …

C’est cette succession de petits moments heureux partagés, entre jeunes ou moins jeunes, sportifs ou non sportifs qui construit les amitiés durables. Nous avons également il y a quatre ans découvert l’autre ville jumelée d’Engen, Pannonhalma la hongroise, dont nous avons eu le plaisir d’accueillir le Maire qui a tenu à participer à cette fête d’anniversaire.
La découverte de
 ce magnifique pays, à l’histoire si riche, a été non seulement pour moi à l’époque, une véritable leçon de géographie, mais surtout d’histoire européenne. J’ai depuis une vision différente de l’Europe, de son histoire, de ses racines et de son formidable potentiel.

Dix années d’amitié sincère, à l’image de ce que doit être la construction européenne. Non un dédale administratif, un monstre bureaucratique et froid, à mille lieux de la vraie vie, mais une Europe du concret, des citoyens, offrant à chacun d’entre nous des perspectives en un avenir meilleur. Une maison commune à bâtir pierre par pierre, une Europe qui élève …

Nos histoires, à Pannonhalma, Engen ou Trilport, comme nos langues sont différentes, mais nos cultures ne sont pas si éloignées. Nous somme porteurs d’un modèle de société basé sur l’humain, sur la juste place de l’homme sur une planète qui ne lui appartient pas. Nos différences basées sur un respect mutuel font notre richesse, elles font également notre sagesse, parce qu’issues de nos histoires mêlées, trop souvent dramatiques et douloureuses. 

 Cette perspective commune : l’émergence de la citoyenneté européenne, est notre force, n’en doutons pas surtout dans le contexte économique et social actuel et augure de lendemains meilleurs, d’horizons plus souriants. Comme l’écrivait  simplement Jean Monnet le père de l’Europe …

« Ce qui est important, ce n’est, ni d’être optimiste, ni pessimiste, mais d’être déterminé. »

Nous devons être déterminés, surtout aujourd’hui, car nous sommes européens …


Le bien être peut il être soluble dans un indicateur ?

city calculator.jpgIl n’a fallut pas moins de 22 spécialistes, deux prix Nobels d’économie, et pas des moindres (Joseph Stiglitz et Amartya Sen) plus un économiste reconnu (Jean-Paul Fitoussi), pour constituer la « commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social » lancée apr Nicolas Sarkozy, himself.
Unique obsession de toutes ces têtes pensantes : élaborer l’indicateur miracle permettant de déterminer la performance qualitative d’un pays, afin de détrôner l’unique étalon de performance utilisé depuis les années 30, le produit intérieur brut ou PIB.
Cette quête du graal peu commune est destinée sinon à révolutionner l’économie, du moins son ressenti en réintégrant notamment dans l’analyse, les cotés obscurs de la force que demeurent encore pour les décideurs  le volet social et l’écologie !

Mais peut-on réellement mesurer la qualité d’une société avec une colonne de chiffres ?
C’est ce que l’équipe hollandaise de Winy Maas (MVRDV), une des dix équipes retenues pour plancher sur le grand Paris, a tenté de mettre en place, avec son «City Calculator», application informatique permettant à partir de données dites « objectives » de définir des schémas d’optimisation de l’urbanisme … Le futur Grand Paris pourra ainsi devenir «une des villes les plus qualitatives, vertes et compactes au monde» …CQFD ….

Aujourd’hui, tout économiste sérieux sait que le PIB ne peut raisonnablement indiquer la qualité de vie des habitants d’un pays, qui peut fort bien connaitre à la fois une croissance exponentielle de son PIB et une détérioration importante de la qualité de la vie de sa population. Car le noeud du problème est bien la répartition des fruits de la croissance obtenue ! Celle ci, jusque à l’an dernier était au rendez vous. Cela n’est plus le cas désormais, et trop souvent les statistiques sont  annonciatrices de mauvaises nouvelles mettant à plat les stratégies de communication les plus sophistiquées; pour beaucoup de politiques, la tentation de briser le thermomètre est forte …

Sur le fond une interrogation simple, changer l’indicateur du bien être, améliorera t’il le bien être lui-même ? Problématique sans doute plus philosophique qu’économique …

Ceci étant pour les politqiues s’interroger sur l’évaluation du « bien être » des habitants est fondamental, n’est ce pas la finalité de leur action ?
Encore faut il dans le même temps, ne pas oublier quelques points secondaires aux yeux de certains, la santé de notre planète vu les dégâts croissants causés par l’empreinte écologique et ne pas oublier dans la foulée  « l’empreinte sociale », donnée importante s’il en est  !

 

 

La crise est la preuve par 9, de la faillite des indicateurs utilisés jusque là par le marché. Ils n’ont jamais annoncé les prémices de la poussée de fièvre soudaine qui a saisi l’économie planétaire et l’a plongé en zone rouge. Soulignons en passant que la responsabilité de l’économie du virtuel, voir de l’illusion qui a provoqué cette catastrophe d’abord financière puis par un effet domino, économique et sociale est avérée. EN ayant dit cela, nous ne devons pas oublier que cela touche aux fondations mêmes de l’organisation économique mondiale et à ses repères.

Il est heureux que l’ensemble de nos dirigeants, ou presque, s’accorde désormais pour indiquer que l’heure n’est plus au court terme, mais au « Soutenable », conséquence, le PIB n’est désormais plus en phase car trop axé sur le court terme et le trop global …

Faut il rappeler qu’un autre indicateur existe depuis 1990,  l’indice de développement humain (ou IDH). Développé pour les Nations unies par l’économiste pakistanais Mahbub ul Haq et Amartya Sen, décidemment un habitué de la question, il est basé sur trois critères : espérance de vie à la naissance, niveau de scolarisation et « revenu réel corrigé », ou « standard de vie » (basé sur Parité du pouvoir d’achat ).

Gros inconvénient cependant, il repose sur les statistiques nationales officielles, quelquefois à prendre avec des pincettes. Il offre cependant un instantané intéressant du degré de développement de l’ensemble des pays … Pour l’anecdote, signalons que l’IDH n’a pas peur du froid puisque l’Islande a pris la place de leader à la Norvège qui la détenait depuis six ans (c’était avant la crise financière !), la France étant 10 eme de ce classement et Guinée-Bissau, le Burkina Faso et le Sierra Leone bon derniers (17 pays n’étant pas pris dont l’Afghanistan, l’Iraq et la Somalie, faute de données fiables). Mais l’IDH ne tient pas compte non plus des critères environnementaux, sociaux ou démocratiques …

Reconnsaissons que beaucoup des recommandations émises par la « Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social » valident des options que ne peuvent renier les progressistes (place des services publics, politique sociale, inégalités …), et qui doivent passablement agacer les tenants d’un certain libéralisme économique, jugeons en plutôt  :
Se référer aux revenus et à la consommation plutôt qu’à la production marchande, privilégier l’angle de vue des habitants, tenir compte des prestations fournies par l’Etat (santé, éducation), se référer à la répartition de la richesse et non à une simple moyenne, mieux évaluer les dépenses liées à la santé, l’éducation, l’environnement, le logement, tenir compte des inégalités : sexes, origines, générations …

Aujourd’hui plus que jamais, l’écart entre pays réel et pays « ressenti » se creuse … La « réalité supposée » de l’état du pays est de plus en plus éloignée de celle percue par les habitants, le hiatus est là, bien réel, et s’accentue avec la détresse sociale causée par les crises successives que nous traversons. L’écart croissant entre le premier décile (les 10% de la population les plus favorisés) et le dernier est sur ce point instructif, il prouve bien que réfléchir en termes de moyenne n’a pas de sens. Comme l’écrivait un journaliste récemment « aucun individu ne peut se reconnaître dans une moyenne statistique ».

Les indicateurs de la boite à outils ne sont plus adaptés, ils sont basés sur les critères d’une société qui n’est plus la notre. La planète a tourné, nous avons changé de millénaire et d’objectifs. Il y a obligation urgente à répondre aux impératifs environnementaux, question de vie ou de mort, mais également sociaux. Doit on rappeler que le Développement Durable a trois piliers : environnemental, économique et social ?

Taxer la mauvaise croissance (pollutions, exploitation sociale …) et encourager la bonne est une question de bon sens, encore faut il que les plus faibles disposent réellement de la liberté de choisir !
Lorsque l’on taxe le tabac ou l’alcool, et que dans le même temps, la société met en place des structures de remédiation, peu ou pas trop de problème. Mais à contrario, les ménages à faibles revenus qui se chauffent au fuel et sont obligé de se déplacer en voiture pour aller au travail, peuvent ils faire réellement autrement ?  Il faut avoir les moyens d’être écolo et habiter dans des terrtioires où cela est possible : inégalités sociales et géographiques incontournables !
Comment prendre en compte à sa juste valeur, le coté « subjectif » des situations,  la détresse sociale, le stress en entreprise… Une personne poussée au chomâge perd beaucoup plus qu’un revenu financier, c’est une perte de repères, de statuts, souvent une détresse identitaire ..

 

Un an de réflexion intense, de ces pointures mondiales pour confirmer la véracité d’un adage bien connu de mes grands parents, « l’argent ne fait pas le bonheur » !  Le rapport remis à son commanditaire, le Président français, un an jour pour jour après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers (point de départ officiel d’une crise dont les causes sont bien plus profondes et anciennes), tout juste avant le sommet du G20 arrive à point nommé dans une stratégie de communication murement planifiée pour donner à Nicolas Sarkozy, une stature planétaire … Mais qui est dupe ?

La conversion soudaine de cet « ancien » évangélisateur libéral à la sauvegarde de l’environnement et à la « soutenabilité », laisse pantois …  La période du Fouquet’s et du Bling bling semble révolu, mais jusqu’à quand ?
Cependant la nature profonde de l’animal politique que demeure Nicolas Sarlozy laisse sceptique sur cette conversion expresse. Cet homme est avant tout un aspirateur de tendances ou du moins de symboliques, pour le contenu, prière de repasser ! Il est paradoxal de l’entendre aujourd’hui du haut d’une tribune dénoncer la « religion du chiffre », alors qu’il est un apôtre des plus zélés de cette religion.
Un journal du soir en a dressé un inventaire évocateur, on n’est plus à une contradiction prés et les exemples sont légions : « Travailler plus pour gagner plus. », « taux d’élucidation des affaires » (exit la police de proximité), primes au « résultat » dans les commissariats (sans tenir compte de la nature des délits et de la durée des enquêtes importantes), le mot quota devient un générique : retours à la frontière, quota  de publications, « taux de mortalité » pour classer les hôpitaux idem …

Il est réconfortant de voir celui qui promettait, « d’aller chercher la croissance avec les dents », de vouloir instaurer le bien être pour tous …
Mais est ce une nouvelle étape dans sa stratégie de communication ou l’amorce d’une autocritique, voir d’une révolution intellectuelle, culturelle ou existencielle ?

 

Si oui, alors tout est possible sinon …

 

 

Des frissons venus du Nord

 

stockholm.4.jpgChangeons d’univers et d’atmosphère, ce qui ne fera pas de mal vu la période que nous traversons, parlons un peu d’Europe …

Tranquilisez vous, celle ci ne se limite pas à la seule sphère politique, heureusement au regard de l’actualité sur la réélection possible de M Barroso, elle est tout sauf enthousiasmante, mais nous aurons l’occasion d’en reparler …

L’Europe c’est aussi et surtout une terre de contrastes, des cultures à la fois proches et lointaines, à découvrir absolument … Cultures qu’il serait dommageable de limiter au seul patrimoine historique et architectural, mais également de conjuguer au présent. La littérature constitue indéniablement un de ces présents (au deux sens du terme), avec une place toute particulière pour le roman policier.

Les mois d’été sont paradoxalement la période la plus propice de l’année pour frissonner, constat de plus en plus de ces frissons sont provoqués par les polars provenant du grand Nord …Aprés Ikéa, Abba, Saab, Ingmar Bergman, grâce à Stieg Larsson et à ses fameux MiIllenium, la Suède fait de nouveau parler d’elle.

Attention, ce serait une erreur de considérer Millenium comme l’arbre qui cache la forêt, tant il y a pléthore d’auteurs de qualité ! Ils ont fait de ce mouvement littéraire une vraie tendance de fond et séduisent chaque année de plus en plus de lecteurs … Pour ceux qui en douteraient, qu’ils plongent sans retenue dans leurs oeuvres, ils y découvriront une atmosphère unique, somme toute « exotique » comme dans tout bon roman policier, l’intrigue n’étant que prétexte pour une introspection profonde, acérée et sans concession sur le temps qui passe, les moeurs, coutumes, non dits et failles des sociétés nordiques …
Pas à dire, ça décoiffe !

Les auteurs sont nombreux, Stieg Larsson, l’Islandais Arnaldur Indridason et tant d’autres (voir plus loin) … Bonne nouvelle pour l’éditeur Actes Sud, qui a publié avec le bonheur que l’on sait  la série des Millenium, la relève est désormais assurée, grâce à un nouvel auteur suédois, Camilla Läckberg.
La « princesse des glaces », son premier roman est parue en Suéde (2002) trois ans avant la publication du premier tome du tsunami qu’a été  Millénium. L’impact médiatique de cette véritable vague de fond a été tel que les éditeurs ont décidé de poursuivre le filon, permettant ainsi à Camilla Läckberg d’être publiée dans la même collection que son compatriote Stieg Larsson … heureux présage …

Un bon conseil pour les jours qui viennent. Que ce soit sur la plage, en montagne ou tout simplement chez vous, voici une sélection de livres à dévorer sans plus attendre.

 

Des livres disponibles dans toutes les bonnes librairies !

 

 

 

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Stieg Larsson

De son vrai nom Karl Sti-Erland, Stieg Larsson s’engage dès le début de sa carrière dans le mouvement suédois de science-fiction . Journaliste et graphiste à l’agence de presse Tidningarnas Telegrambyrå, il est l’un des pionniers de la fondation Expo, et le rédacteur en chef de son magazine du même nom, observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Actif dans le parti socialiste suédois, Stieg Larsson le quitte en 1987, refusant de soutenir des régimes socialistes de l’étranger qui lui semblent peu démocratiques. Stieg Larsson meurt d’une crise cardiaque peu après avoir remis à son éditeur sa seule oeuvre littéraire, une trilogie de romans policiers rassemblés sous le titre de ‘Millénium’ : ‘Les hommes qui n’aimaient pas les femmes’ (2005), ‘La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette’ (2006) et ‘La Reine dans le palais des courants d’air’ (2007).

Arnaldur Indridason

Grand Maître du polar Islandais, Arnaldur Indridason est diplômé en histoire, journaliste et critique de cinéma. Créateur de l’inspecteur Erlendur, « flic taciturne, adepte des surgelés et des vieux costumes fripés » … Arnaldur Indridason lui fait poursuivre ses enquêtes à travers des romans comme ‘La Cité des jarres’, ‘La Femme en vert, ‘L’ Homme du lac’, la Voix’,


Camilla Läckberg

A écrit cinq polars dont l’héroïne est Erica Falck, une biographe qui devient malgré elle enquêtrice. En Suède, les ouvrages de Läckberg se sont classés parmi les meilleures ventes de ces dernières années, au coude à coude avec Millénium de Stieg Larsson. A écrit notamment : « La Princesse des glaces » et le « Prédeicateur »

Le polar suédois : gros chiffres, grand froid d’aprés le  Site fluctuat.net

En important la trilogie Millénium du suédois Stieg Larsson, le directeur de la collection « Actes Noires » d’Actes Sud, Marc de Gouvernain, a eu plus qu’une bonne intuition : il a décroché le jackpot. Les aventures explosives des héros Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander ont conquis les lecteurs français, au point d’exploser aussi tous les records de vente : selon Actes Sud, 1 150 000 d’exemplaires ont été écoulés, sans compter les 2 000 à 3 000 exemplaires de chaque tome qui se vendent encore chaque jour.
En Suède, un conflit oppose la famille de l’auteur et sa compagne de toujours, qui possèderait 200 pages inédites de Millénium. C’est dire quelle valeur a pris le texte de Larsson.

Après un tel succès, l’hypothèse n’est pas difficile à formuler. Le polar suédois semble être un bon filon, pas question de le laisser filer. Les traducteurs d’Actes Sud (Marc de Gouvernain et Lena Grumbach) se sont donc remis au travail, dans le but de faire découvrir cette fois l’œuvre de Camilla Läckberg, jeune auteure de polars qui talonne Stieg Larsson dans les listes de meilleures ventes en Suède.
Paru le 5 mai, La Princesse des glaces semble avoir tous les atouts pour succéder à Millénium.
Même format : couverture rouge et noir, titre et dessin intrigants, gros pavé pour bonne prise en main.
Une héroïne attachante, un décor naturellement glacé et propice aux crimes inexpliqués : La Princesse des glaces conte le parcours d’Erica Falck, biographe de trente-cinq ans installée dans un port de pêche de la côte ouest de la Suède, qui devient enquêtrice malgré elle après avoir découvert le corps de son amie d’enfance dans une baignoire.
De l’amour : tout comme l’ambiguïté des personnages de Millénium apportait du piment à leurs aventures, une pointe de romantisme vient échauffer l’enquête d’Erica Falck. Elle découvre l’amour dans les bras de l’inspecteur Patrik Hedström…

Depuis sa sortie, La Princesse des glaces se positionne plutôt bien dans les ventes. Après un premier tirage à 15 000 exemplaires, une réimpression est en cours selon l’éditeur. La collection « Actes Noirs » ne serait-elle pas en train d’impulser une véritable mode scandinave du polar dans l’édition française ? Marc de Gouvernain, qui pour avoir traduit tous les ouvrages suédois qu’il a publié, les connaît de long en large, a son explication : « Là où le polar scandinave est bon, c’est qu’on a des auteurs qui écrivent de vrais romans. Pas des exercices de style ou du délire personnel, mais de vrais romans. De gros romans, sur le modèle anglo-saxon avec souvent 600 pages mais sans les psychopathes style Hannibal Lecter. Ce sont des intrigues au plus près de nos préoccupations avec des personnages communs et du coup, le lecteur français se reconnaît dans ces univers ». Suffit-elle ?

Impressions de hongrie

Pannon.jpgJ’étais invité le week end du 1er mai en Hongrie, à Pannonhalma (située non loin de Gyor et de Vienne), à l’occasion du 10eme anniversaire du jumelage de cette commune avec Engen, cité allemande à laquelle nous sommes également jumelé. La deuxième mi temps d’une rencontre amicale ayant débuté l’an dernier.

Le temps d’effectuer un rapide aller retour express dans un pays que j’avais découvert en aout 2006 …

10 ans déjà, cela représente peut être peu pour un français, mais tellement pour un hongrois ! C’est effectivement en 1999 qu’Engen et Pannonhalma ont lié leur destin, 10 ans tout juste aprés la chute du mur de Berlin, la Hongrie n’avait alors pas encore intégrée la Communauté Européenne (2004) ! Depuis le temps s’est comme accéléré !.

J’ai eu le plaisir de retrouver durant ces trois jours, des visages connus, normal, de jeunes Trilportais ayant participé à des chantiers organisés à Pannonhalma, nous avons eu le plaisir de plus d’accueillir en mairie des stagiaires hongrois désireux de se perfectionner dans notre langue ; car fait positif, la culture française semble encore attractive, mais jusqu’à quand ?

Tout n’est plus aussi définitif sur terre, la planète tourne et ses centres de gravité également, nous aurions tort de l’oublier et de ne pas considérer à leur juste mesure, les pays d’Europe de l’Est,  le potentiel et la chance qu’ils représentent pour notre vieux continent.
Un constat que la classe politique française dans son ensemble devrait intégrer. Il est paradoxal et significatif que l’Europe d’aujourd’hui soit plus proche de celle d’avant 1914, que de celle de l’aprés Yalta. Les repères, notamment géo politiques, qui ont formés des générations d’occidentaux et de français ne correspondaient en fait qu’à une imposture politique qui depuis s’est dissipé.

L’Europe de l’Ouest, et l’Allemagne l’a bien compris au contraire de nos dirigeants, doit ouvrir les bras à ces nations plutôt que leur donner des leçons ! Et il y a urgence.
Autant il était aisé d’apparaitre commue une perspective d’avenir face à l’Amérique ringarde de Busch (le dernier opus de Thomas Friedman est à ce sujet explicite), fermée sur elle même et parano, autant celle d’Obama risque fort d’exercer un pouvoir d’attraction tout à fait différent auprés des habitants de ces pays; une situation amplifiée par l’atlantisme de certains de nos dirigeants, ne pensant à l’Europe que lorsqu’elle flatte leur égo, oubliant au passage qu’elle ne peut être que collective !

Voici quelques impressions fugitives …

 

 

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Arrivée à l’aéroport de Vienne, plus proche de Pannonhalma que celui de Budapest. L’Autriche Hongrie, cela ne vous rappelle rien ?
Je suis pris en main par un jeune notaire hongrois écoutant du Manu Chao …  Une heure de voiture aprés nous sommes à destination, juste le temps de traverser de vastes champs d’éolienne plantées sur les deux pays, ce qui ne semble pas poser de problème ici.
Premiere impression, Pannonhalma située à une encablure de Gyor (à proximité de l’autoroute qui traverse l’Europe de l’Est de la Suisse à la Slovaquie ) est dans un secteur en plein développement, la dynamique immobilière l’atteste  …

Trois jours de fête ont suivi, au delà de la belle organisation de l’évènement qu’il faut saluer, voici quelques impressions …

La soif d’europe des hongrois, notamment des plus jeunes, qui fait plaisir à voir. Elle a été particulièrement perceptible lors de la fête populaire multigénérationnelle organisée pour l’occasion et du feu d’artifice, cloturant la journée avec un final an apothéose aux sons de l’hymne européen  … Un moment à la fois simple, émouvant et beau …

Un passage du discours de Johannes Moser, bourgmeister d’Engen relatif au « pique nique pan européen », fait peu connu en France. Cette manifestation qui s’est déroulée le 19 août 1989 sur la frontière austro hongroise devait se limiter initialement à un pique nique populaire entre frontaliers autrichiens et hongrois, histoire d’aplanir un différent. Une ouverture symbolique et momentanée de la frontière de trois heures avait été autorisée pour l’occasion. 600 Allemands de l’Est ont profité de l’aubaine pour rejoindre l’Ouest. Une péripétie qui a changé brusquement le sens et la portée d’un évènement devenu depuis historique et participant au Tsunami populaire et collectif qui a bouleversé le visage de l’Europe  …

Autre image, celle du monastère de Pannonhalma, haut lieu du patrimoine de l’Unesco s’il en est, au poids économique de plus en plus visible (cf une note précédente) dans lequel nous avons partagé un repas avec des lycéens.

Enfin, les discussions avec de jeunes hongrois, sur la littérature française, mais également sur l’évolution politique de leurs pays …  J’ai noté la défiance de certains d’entre eux pour les partis de gauche ayant à leur tête d’anciens potentats communistes recyclés.
Manifestement un saut générationnel s’impose pour rendre compatible à leurs yeux gauche et progrés social … Constat positif toutefois, les sirènes de l’ultra libéralisme semblent moins attractives que par le passé, manifestement la crise est passée par là. Signalons également que le PS Français n’a pas forcemment mauvaise presse, comme  ses propositions : solidarités, bouclier social, place de l’etat et des services publics, régulation, Développement Durable …. Rien n’est donc perdu, mais pour porter le changement encore faut il pouvoir l’incarner !

 

Des rencontres et un séjour qui n’ont fait que renforcer mes convictions européennes. L’Europe ne marche réellement sur ses deux jambes que depuis 2004, date de l’arrivée des pays de l’Est dans la Communauté Européenne, une réalité qui devrait s’imposer à tous. Ce qui manifestement n’est pas encore le cas !
Au lieu de se regarder le nombril et de réver à leur influence d’antan, ou de jouer à plus atlantiste que moi tu meurs, nos dirigeants devraient saisir l’opportunité de tisser des liens privilégiés avec ces nouvelles démocraties qui ont besoin de nous comme nous avons besoin de leur soif d’avenir et de leur potentiel …

Elles sont une partie de notre identité, car nos histoires et nos cultures sont communes et se sont nourries du sang des uns et des autres !

 

Afghanistan, le sens d’une présence

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La mort des 10 soldats français nous interpelle. Chaque citoyen qu’il soit ou non spécialiste de l’art militaire ou de géo politique, s’interroge. Ce drame exige de vraies réponses pour comprendre ce qui s’est réellement passé afin que ces morts ne soient pas inutiles.
Espérons que le débat parlementaire apporte toutes les clarifications nécessaires, sans tabous, ni récupération, surenchère ou démagogie.

Il est sain que notre pays s’interroge sur le sens de son engagement en Afganistan et ses modalités. Si pour certains il ne peut exister de guerre sans victimes, il est heureux qu’en France le sang versé ait un prix qui ne soit pas simplement celui des larmes et des honneurs.

Contrairement aux dirigeants qui « n’ont pas de doute et referais les mêmes choses », j’estime salutaire de se demander si ces morts étaient évitables : nature des moyens engagés, pertinence de la nouvelle stratégie de notre pays … Le remplacement des forces spéciales par de jeunes soldats, peu expérimentés est il par exemple adapté dans ce champ d’opérations, certainement un des plus dangereux au monde ?

Les talibans, ne sont pas les soldats « moyenâgeux » décrits par d’éminents stratèges de salon, rappelons qu’ils n’ont jamais perdu une guerre, que ce soit contre les russes ou les américains. Ces derniers y ont pour la première fois en juin perdus plus d’hommes qu’en Irak. La région peut se révéler très rapidement un véritable bourbier.

Mais autant le dire, être absent de cette région, véritable plaque tournante du terrorisme mondial, avec deux pays voisins  munis de l’arme nucléaire (Pakistan, Iran) dont un pour le moins instable, peut se révéler périlleux pour nos sociétés. Encore faut il ne pas se tromper de combat, ni de siècle : cette guerre n’est pas le choc des civilisations décrit par Bush et ses affidés, la lutte entre les forces du mal et celles du bien a pour le moins démontré tragiquement ses limites, en Irak comme sur ce terrain. Au regard de la situation militaire actuelle, il serait sans doute opportun d’opter pour une autre stratégie.
Les Occidentaux, comme le souligne Vedrine ont perdu le monopole de l’histoire (l’ont ils seulement eu ?), il est plus qu’urgent qu’ils réfléchissent aux politiques à adopter face à ce bouleversement « tectonique » , faute de quoi ils s’enferreront dans des politiques de force simplistes et vouées à l’échec.

Je voulais souligner la pertinence de deux contributions utiles, celle du journaliste de Libération, « spécialiste » des questions de défense, Jean Dominique Merchet (cf son blog : « secret défense ») et le remarquable article paru dans le Figaro (comme quoi …) dont l’auteur est François Sureau (cf article).

 

En voici d’ailleurs un extrait … C’est à la fois digne, émouvant et juste

 

 

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 » Il y a une guerre en Afghanistan, et cette guerre tue. Nous devons aux soldats du 8e RPIMa qui y ont trouvé la mort les armes à la main de réfléchir à ce que cela signifie. Nous devrions d’ailleurs nous abstenir de parler de leur «sacrifice» avant d’être sûrs des raisons de leur mort. Nous ne devons pas d’abord aux soldats tombés l’émotion et les larmes, mais l’effort de l’intelligence et celui du souvenir, afin de pouvoir leur rendre lucidement les honneurs qui leur sont dus.

Ces morts devraient  nous apprendre à nous méfier de ces mots trop grands, trop vagues, que nous répétons à l’envi. Il n’y a pas de «présence française» dans un monde guetté par le chaos qui ne soit susceptible d’entraîner la mort de nos soldats : par dizaines aujourd’hui, par centaines peut-être demain. Il n’y a pas de participation effective à la lutte du monde libre contre le terrorisme qui puisse être assurée aujourd’hui sans le risque de telles épreuves. Il n’y a pas de «rang», de «place» de la France qui puissent être maintenus sans comporter, à la fin, ces souffrances-là.

… / …

S’il existe en Afghanistan des raisons de se battre et des chances de vaincre de se battre, et non pas d’assurer, abstraitement, une «présence» limitée aux communiqués de la publicité politique , alors il faut se préparer à cette guerre, qui sera dure comme elles le sont toutes. Il faut se préparer aux embuscades, aux revers, aux morts nombreux d’une guerre, et ne pas s’en étonner avec cette inconscience de vieux enfants qui est souvent la nôtre, qui découvrent avec surprise que le reste du monde ne joue pas.

Alors il faut que les troupes s’entraînent, que le commandement commande et que les politiques fassent des choix, y compris budgétaires, qui correspondent à la réalité des engagements. Alors il ne faut pas se demander à chaque épreuve si les morts ne sont pas morts «pour rien», si tel objectif limité justifiait les pertes, si l’on n’aurait pas pû procéder autrement. Dans une guerre, les soldats qui tombent dans les batailles décisives ne sont pas plus nombreux, et cela ne signifie nullement que la mort des autres ait été vaine. La nation doit autant au dernier tué de la Grande Guerre qu’aux morts de Verdun.

… / …

La question de savoir si, pour l’Afghanistan, la stratégie de l’Otan est la bonne et si elle correspond à nos intérêts dépasse ma compétence. Je sais simplement que s’il n’est pas possible d’y répondre de manière convaincante, aucun effort de guerre durable ne pourra être poursuivi. Le soldat peut mourir, mais pas en victime de la figuration internationale « 

 

Dégustons l’huitre de Marennes Oléron

huitre marennes.jpgDe passage sur l’île d’Oléron lors de mes congés d’été, je n’ai pas résisté au plaisir de déguster la production locale d’huitres et de découvrir plus en profondeur l’activité ostréicole.
Cette industrie a fait la une des journaux en juillet dernier, du fait d’une surmortalité record des naissains (jeunes huitres de un à deux ans). Si les réveillons de fin d’année ne sont pas menacés, cette disparition soudaine et massive ne sera pas sans conséquence pour les années à venir (dés 2010-2011); rappelons qu’il faut trois à quatre années pour qu’une huitre (après une période variable d’affinage dans les claires) ne soit consommable.

Une surmortalité qui a décimé en l’espace de quelques mois l’ensemble des bassins ostréicoles français, avec des taux de mortalité allant de de 40 à 100 % des naissains d’huîtres creuses, tous ou presque d’origine japonaises, soit 99% de la production française.

Une véritable catastrophe pour les milliers de personnes vivant de cette industrie, vitale pour l’économie de leurs territoires ; avec 130.000 tonnes par an la France est le premier producteur européen et le quatrième mondial derrière la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Une activité qui est également un argument touristique de premier plan pour ces régions !

Le plus paradoxal est que l’huitre est à la fois robuste, elle est de loin antérieure à l’arrivée de l’homme sur terre, et fragile.  Sa survie est totalement liée à l’équilibre et la vitalité d’un éco système complexe, qu’il ne faut surtout pas limiter à l’Océan, notamment dans le cas de l’huitre de Marennes, car bien des paramètres interviennent y compris terrestres : température de la mer, apports en eau douce, salinité, prédateurs, algues, pollution des effluents et affluents …

La crise traversée aujourd’hui par le monde ostréicole est une illustration parfaite des problématiques actuelles. Ou comment concilier développement vertueux de nos territoires, interrelations entre nos différentes activités et le milieu, gérer le risque sanitaire et protéger notre environnement …

Car tout est lié !

 

 

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Si autrefois pour déguster des huitres, il fallait les « cueillir » sur les bancs naturels en mer, la production d’huitre est désormais une véritable industrie de pointe, qui présente beaucoup de similitudes avec celle du vin : vocabulaire (en bouche, affinage …), importance du site et des paramètres naturels, suivi sanitaire, poids économique pour les régions productrices …

Chaque huitre dégustée possède des spécificités gustatives propres en fonction de son lieu d’élevage, les ostréiculteurs français n’élèvent principalement qu’un type d’huitre, dite « japonaise »,  ce qui n’a toujours pas été le cas, ce choix dépendant de la capacité de l’huitre à résister aux attaques de parasite ou de virus …
L’huitre native de nos côtes, toujours produite, est le « belon » (Ostrea edulis) qui a laissé progressivement à l’huître portugaise (ou Crassostrea angulata) rejetée dans l’estuaire de la Gironde en 1868 et qui s’était acclimaté à merveille aux charmes de nos côtes jusqu’au mois d’aout 1970, où elle a quasiment été éradiquée après une épizootie qui a détruit l’ensemble des élevages de la côte atlantique française. Depuis les ostréiculteurs ont importé en masse l’huître creuse « japonaise » (Crassostrea gigas) résistant à cette maladie, qui subit aujourd’hui une surmortalité qui fait redouter le pire aux producteurs.

Car l’huitre est un produit naturel dont la survie est intimement liée à la qualité de son éco système et aux phénomènes naturels : vents forts, tempêtes (telle celle 1999), changements de courant, bancs de sables, vases … La moindre variation de paramètres aussi divers que la température, la turbidité, la salinité, la diversité phytoplanctonique influe directement  sur la qualité de la production.
L’huitre subit également la concurrence de « compétiteurs » comme les moules, ou de prédateurs tels le bigorneau ou l’étoile de mer … Autant dire que le métier d’ostréiculteur n’est pas de tout repos et que cette activité demande un suivi et des interventions quasi quotidiennes qui ne se limitent pas à la seule collecte, notamment à Marennes-Oléron.
Ce parc ostéicole possède des spécificités bien étables : milieu protégé des courants et des fortes marées, importance de l’apport en eau d

ouce, période d’élevage dans les claires (marais) occasionnant beaucoup de manipulation aux producteurs des pousse de claires et fines de claires, ce qui leur fait dire, d’ailleurs que leur huitre est un fruit de mer et de terre …

Les scientifiques ont cerné la cause principale de la surmortalité qui a touché les parcs français. Il s’agirait d’un virus : l’Ostreid Herpes virus 1, ou OsHV-1, connue pourtant par les spécialistes depuis de longues années mais qui aurait trouvé en 2008 un ensemble de conditions favorables pour se développer : . conditions climatiques particulières de l’hiver, printemps pluvieux, remontée rapide des températures, présence d’alg

ues …

Les chercheurs de l’IFREMER ont du pain sur la planche pour garantir la qualité et la pérennité de la production française, d’autant que le réchauffement

climatique risque de perturber la donne actuelle … En influant la qualité de notre production mais en permettant également à de nouveaux pays situés plus au nord de devenir concurrentiels (les Pays Bas)… La tentation de recourir à des OGM risque également d’apparaitre, ici ou là bas (USA ?)

Car tout en réfutant une telle piste, la recherche a débouché sur une nouveauté : l’huître triploïde, dite également huitre des quatre saisons, obtenues en écloseries par croisements. Des huitres stériles, ne fabriquant pas de gametes, et ne dépensant leur énergie qu’à grandir ! Elles ne sont pas laiteuses en été, poussent plus vite et se consomment à toute saison, car non concernées par le cycle habituel de la vue. Une huitre discutée par nombre d’ostréiculteurs ne désirant pas élever de produits non naturels, dont les naissains sont élevés exclusivement en écloserie (c’est tout de même un système de dépendance similaires aux semences OGM de Monsanto par exemple) et en milieu confiné afin d’éviter tout risque de contamination …

Voilà qui nous éloigne du plaisir simple offert par la dégustation de ce cadeau de la mer qu’est l’huitre naturelle  !