Urbi et Orbi, les communes à l’heure du Covid 19

Calligramme signifiant Wēijī ou Crise en chinois

En quelques semaines un virus issu du monde animal apparu au marché de fruits de mer de Huanan (à Wuham) a contaminé et paralysé la planète entière, ou du moins la société des hommes. Comme quoi un signal faible peut se transformer en véritable tsunami s’il n’est pas appréhendé suffisamment en amont et déclencher un véritable chaos, illustration concrète que « l’effet papillon » n’est pas une simple figure rhétorique.

Cette première crise du millénaire témoigne non seulement de l’ampleur des bouleversements en cours, elle révèle nos faiblesses et accélère la métamorphose à l’œuvre, véritable « création destructrice » pour reprendre l’expression d’Edgar Morin. Le nombre de victimes déjà important de cette catastrophe sanitaire, ne cesse d’augmenter, la pandémie semble respecter une règle clé de la « nouvelle économie », celle dite « des trois V » (velocity, volume, variety). Sa fulgurance et son ampleur frappe effectivement et indistinctement toutes les catégories sociales des pays de la planète, qu’ils soient riches ou pauvres.
N’en doutons pas, les conséquences, systémiques et multidimensionnelles (économiques, sociales, environnementales, financières, géo politiques) de cette crise inédite vont bouleverser durablement nos sociétés, à bien des égards le monde d’après ne sera plus celui d’avant (truisme).

Si l’économie européenne n’est pour l’heure pas détruite, mais « sous cloche », elle le doit principalement :
– aux amortisseurs mis en place auprès des salariés (recours au chômage partiel) et des entreprises (aides financières),
– à l’action énergique des banques centrales,
– à la coordination des politiques publiques européennes.
Un traitement « macro social » qui a permis à nos pays de limiter l’impact structurel de la pandémie et surtout de mieux se concentrer sur l’urgence sanitaire.

Confinés, nous sommes littéralement, dans l’œil du cyclone, chacun pressent que le réveil sera brutal et qu’en sortir constituera une opération périlleuse et délicate, graduelle et progressive. Plus vite le déconfinement sera mené à terme, moins les conséquences de ce « trou d’air » pèseront sur une économie ayant hiberné de longs mois.
Encore faut il agir avec discernement, initier des mesures d’accompagnement adaptées aux différentes réalités territoriales, et tenir compte également de la temporalité de leur mise en œuvre.
Il convient de distinguer selon moi, la « reprise économique » , ou comment réamorcer une machine à l’arrêt depuis de longues semaines qui nécessite une action immédiate, de la « relance » qui concerne le moyen et long terme. La contribution des collectivités, notamment des communes, sera essentielle pour chacune de ces phases.
A pied d’œuvre depuis le début de la crise sanitaire nos villes assurent la continuité du service public, initient, animent et accompagnent les réseaux de solidarité qui se sont multipliés dans le pays, contribuent également à une allocation des ressources plus efficace afin de surmonter les multiples pénuries rencontrées. Elles sont d’autant plus incontournables que la commande publique constitue un moteur majeur de l’activité économique du pays.

Notre responsabilité collective, cela peut sembler paradoxal ou provocateur, est de sortir plus fort et résilient de cette séquence dramatique. La pandémie a déclenché un effet domino qui a révélé non seulement une crise systémique profonde, mais a souligné une quête identitaire à laquelle notre société est confrontée et se doit d’apporter sinon des réponses, du moins du sens et des perspectives.
Cet enjeu crucial, existentiel et vital remet en cause le modèle culturel, économique et social qui a façonné notre société depuis des siècles …
Pour d’autres cultures, l’approche diffère, en Chine par exemple le mot « crise » revêt une double signification, étant composé de deux caractères l’un signifiant « danger », l’autre « opportunité » , tout un symbole … 

Comment favoriser une reprise rapide qui n’oublie aucun territoire de la république, même ceux jusque là « invisibles », et au delà, rebondir afin de transformer ce profond traumatisme collectif en opportunité pour l’avenir ? Et quelle place pour nos communes dans les réponses à apporter à ce « grand bouleversement » ?

C’est le sens des propositions concrètes qui suivent



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"Pour une ville épanouie"

Je serais candidat aux élections municipales de mars. Cette décision longuement murie aurait pu être différente, elle fait suite à un temps de réflexion que je me suis accordé ces derniers mois, sachant tout ce qu’implique au niveau personnel, familial et professionnel un mandat de Maire : du H24 durant six ans.
Six années d’une vie ce n’est effectivement pas rien, aussi mieux vaut peser le pour et le contre afin de ne pas prendre à la légère une décision qui implique également nos proches, vu le temps et l’énergie que l’on consacre à cette fonction.
Être Maire est tout à la fois « passionnant », « prenant », mais aussi parfois « désespérant », tant nous sommes confrontés directement aux contradictions d’une société de plus en plus « complexe » et malade de l’intérieur, une société devenue quelque peu schizophrène.

Un mandat passionnant.
S’il existe un mandat où l’on peut faire œuvre utile, c’est bien celui ci. La tâche d’un Maire, pour reprendre les propos d’Albert Camus, n’est sans doute pas de refaire le monde, mais bien d’agir afin d’empêcher qu’il ne se défasse, de « faire société ».
Placé en première ligne, le Maire partage la vie de ses concitoyens. Accessible, « à portée d’oreille », il entend et comprend leurs doutes, colères ou peur de l’avenir, touche du doigt les petits et grands tracas du quotidien comme les failles et faillites d’une société qui oublie trop souvent d’être solidaire et équitable.
C’est cette proximité qui créé la légitimité d’un élu, il se doit d’être en résonance avec son territoire. L’avoir oublié durant tant et tant d’années a sonné le glas d’organisations politiques que l’on croyait éternelles, mais qui ne percevaient la « réalité » du pays qu’au travers du prisme plus que déformant des vanités, postures ou petits calculs des apparatchiks composant les état majors parisiens. L’écume n’a jamais remplacé la vague de fond.

Un mandat prenant.
Pour être concrètement utile à nos concitoyens, il faut agir et faire plus que promettre. Bien faire est un objectif ambitieux au final qui exige de créer des synergies, nouer des partenariats, rechercher puis obtenir subventions et aides avant tout lancement d’initiatives d’envergure afin d’assurer ses arrières . Cette volonté nécessite au préalable un travail généralement fastidieux, ingrat, chronophage, le plus souvent invisible, pourtant essentiel car sans cette partie immergée de l’iceberg de l’action publique, rien de possible !
Autant le dire cash, pour faire avancer les dossiers de son territoire, mieux vaut savoir « réseauter » …
D’autant que si l’homme bâtit sur du « sable », comme l’a écrit l’écrivain argentin Borges, le propre d’un élu responsable est lui de « construire comme si le sable était de la pierre », à « hauteur d’homme » sans doute mais en pensant aux générations qui suivent, alors mieux vaut creuser des fondations solides Ce labeur souterrain est à des années-lumière de l’univers des apôtres du « Y’à qu’a faut qu’on », qui on fait de l’immédiateté et de la parole éphémère sans fond ni lendemain leurs royaumes.

Un mandat parfois … désespérant.
Je ne compte plus le nombre de décisions venues d’en haut, qu’il a fallut avaler, digérer, apprivoiser, avant de les appliquer séance tenante, y compris lorsqu’elles étaient en total décalage avec le terrain et la réalité vécue ou ressentie par les habitants.
Une « verticalité » technocratique qui ne date pas simplement d’aujourd’hui !
Je ne compte plus les combats menés toutes ces années contre des lois ou règlements inadaptées et injustes (cf le zonage SRU), des infrastructures défaillantes et indignes de leurs usagers (cf : ligne P du transilien), afin d’améliorer un tant soit peu la vie de nos concitoyens et d’initier ou accompagner les dynamiques des territoires oubliés, délaissés, laissés pour compte dans lesquels nous vivons.
C’est certainement la dimension la plus décourageante et démobilisante du mandat, le Maire, tel Don Quichotte affrontant les ailes de moulins à vent tutélaires, inaccessibles, technocratiques et plus que tout lointains, .s’échine à atteindre «  l’inaccessible étoile », qu’est simplement une demande de respect pour nos habitants (les usagers de la ligne P ou les spécialistes du zonage SRU comprendront) …

Si au final j’ai proposé à mes concitoyens de poursuivre le travail initié, c’est pour deux raisons principales :
– Assurer le S.A.V de l’action engagée, afin de consolider certaines perspectives encore fragiles et d’assurer la réussite de projets enfin lancés,
– par sens du collectif. Une élection municipale ne peut se réduire à une aventure solitaire destinée à satisfaire un égo malmené. Elle constitue par essence une aventure collective qui réunit et fédère des énergies qui se complètent et se renouvellent. Autour d’une éthique et de valeurs partagées cette équipe porte un projet qui se construit pas à pas, afin de « changer la vie » de nos concitoyens, de bâtir des perspectives d’épanouissement pour un territoire et ses habitants.
Animés par le désir de bien faire, nous avons constitué une équipe volontaire et motivée, œuvrant pour que leur commune demeure une ville « positive », solidaire et dynamique, une terre d’innovations et d’initiatives, et qui place l’environnement et le lien social au centre des priorités du projet de territoire qu’ils élaborent.

Le défi qui nous attend pour les prochaines années n’est pas simple : il s’agit d’accompagner l’évolution de Trilport en veillant à préserver son authenticité, son dynamisme et la dimension humaine qui la caractérise.
Nous devons demeurer vigilant, maîtriser son développement afin de ne pas subir l’incontrôlable comme tant d’autres communes voisines aujourd’hui… C’est aussi pourquoi nous assumons d’agir pour ne pas subir, d’agir pour que notre ville reste maitre de son devenir

« Entre Marne et forêts » n’est pas et ne sera pas le blog de la campagne municipale qui vient, d’autres supports dans les prochains jours émergeront pour vous présenter notre projet et la liste, « Pour une ville épanouie »

Les « Petites Villes » : ni complaisantes, ni opposantes, mais proposantes, independantes et utiles

Cette semaine, comme plus de 440 élus, chiffre record, j’ai participé aux 22 emes Assises des Petites Villes de France    l’association fêtait pour l’occasion son 30 eme anniversaire en présence de Martin Malvy son fondateur.
De nombreuses personnalités et ministres ont tenu à venir à Uzes afin de participer à nos travaux, dont le Premier Ministre Edouard Philippe qui a ouvert les débats et le Président du Sénat Gérard Larcher, en mode très combatif, qui les a lui clôturé.

Depuis sa création l’APVF a démontré son utilité dans le débat public, comme sa spécificité, comme l’a souligné son Président Christophe Bouillon « ne pas être complaisant, ni opposant, mais proposant, indépendant et utile ».
Cette indépendance, la volonté de proposer des solutions de fond aux problèmes de plus en plus complexes que doivent relever nos collectivités, la dimension multi partisane de l’association, n’être le satellite de personne mais simplement le porte voix des Petites Villes ont fait de l’APVF un interlocuteur respecté du gouvernement et des autres associations d’élus.
C’est en travaillant autour de propositions concrètes que notre association a gagné sa crédibilité, que ce soit sur les mobilités, l’accès aux soins, l’inclusion numérique ou la modernisation des conditions d’exercice des mandats locaux. Nous avons désiré effectivement mettre ce sujet sur la table, loin de toute démagogie. A six mois des élections municipales il nous semblait urgent d’agir afin de permettre à toutes et tous d’accéder aux responsabilités d’élu local, quelque soit l’âge ou l’activité professionnelle. Notre société se doit d’accompagner l’engagement citoyen que des françaises et des français mettent au service de la république dans tous les territoires, et pas seulement dans les grandes villes.

Ces assises ont abordé les défis que le pays doit surmonter autour notamment trois tables rondes : une relative aux mobilités à laquelle j’ai participé, l’une dédiée à la jeunesse, avec l’intervention très appréciée de Salomé Berlioux, auteure du livre « les invisibles de la République », et enfin une consacrée au vieillissement de la population et a la désertification médicale, deux enjeux majeurs. Le sociologue Emmanuel Vigneron y a dévoilé une étude élaborée pour les assises sur les disparités territoriales de l’accès aux soins (temps d’accès), de la présence médicale et des écarts de mortalité entre les différentes territoires. Constat alarmant s’il en est qui ne peut que nous interpeller !

Situées en première ligne, nos communes ont un rôle essentiel dans les dynamiques et les solidarités de et entre nos territoires, grace aux politiques publiques de proximité qu’elles impulsent et aux équipements qu’elles proposent, tant dans le monde rural que périurbain, un français sur 3 vit dans une petite ville !. Plébiscitées par nos concitoyens qui s’y installent de plus en plus, elles doivent, dans des conditions et des contraintes croissantes, relever les défis d’une société devenue « complexe » pour paraphraser Edgar Morin afin de permettre à nos habitants de s’épanouir là où ils vivent, malgré les fractures territoriales qui minent le pays et dont l’ampleur a été révélé par la crise des gilets jaunes il y a tout juste quelques mois.
Confrontés a l’abandon des services publics et d’acteurs publics majeurs, nos concitoyens disposent dans nos mairies d’une porte ouverte, trop souvent la seule, et d’élus qui entendent leurs doutes et leur peur de l’avenir. Des élus, à leur côté, qui agissent au quotidien pour résoudre leurs difficultés, non seulement « à portée d’engueulade », mais plus que tout présents, accessibles, disponibles, en mode réel et direct et non virtuel ou délégué.

Le scenario d’une métropolisation débridée « agglomérant » les territoires perdus de la république a démontré toutes ses limites. Aucun ruissellement en provenance des métropoles pour nos communes !
Ce « modèle » de développement ferait de notre pays un immense désert de territoires sans vie, ni dynamiques ou perspectives, un désert asséché, peuplé de concitoyens abandonnés à leur sort et assignés à résidence, un désert ponctué de quelques oasis métropolitaines connectées elles au monde du XXI eme siècle !
L’APVF défend une vision alternative, y compris si paradoxalement les petites villes sont partie prenante de la métropolisation du pays. Le métabolisme urbain est plus complexe qu’il n’y parait et le XXL pas toujours aussi « beautiful » que Bercy le pense. Une métropole dans notre pays est une mosaïque d’écosystèmes de territoires différents qui se doivent de dialoguer respectueusement les uns avec les autres.
Qu’elles soient « villes-centre » ou « péri urbaines » les petites villes sont l’expression d’un aménagement du pays qui se doit d’être équilibré et solidaire afin d’irriguer tous les territoires de la république, d’alimenter et accompagner les différentes dynamiques impulsées par nos communes, elles aussi sources d’innovation, d’expérimentation, de progrès, de solidarités, sociales ou multigénérationnelles, et plus que tout créatrices et porteuses de liens. Nous appelons, en cette période de mutation profonde, à un nouvel équilibre territorial, équitable et respectueux de l’environnement comme de nos habitants, qui dans une république comme la nôtre ne peuvent être des citoyens de second rang. C’est le sens de l’engagement de l’APVF et de la contribution votée à l’issue des assises d’Uzès .

La présence de nombreux ministres, dont Edouard Philippe a été appréciée. Le gouvernement semble avoir compris l’importance d’un dialogue responsable et respectueux avec tous les territoires, y compris ceux de l’arrière pays, cette France périphérique qui a le sentiment d’être abandonnée et « invisible ».
Cependant en matière d’amour, les Maires des Petites Villes n’attendent plus de déclarations, ils ont déjà bien trop donné, mais des propositions concrètes et tangibles, c’est ce qu’a résumé Christophe Bouillon, Président de l’APV à la fin de son discours de clôture, citant Corneille

« A qui sait bien aimer, il n’est rien d’impossible »

ADP, c’est aussi et surtout notre affaire

France Inter / 19 juin 2019 / Des Insoumis aux Républicains, le front commun des politiques contre la privatisation d’ADP/ © Maxppp / Christophe Morin

La consultation citoyenne contre la privatisation du groupe ADP, « affirmant le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris», est importante, c’est pourquoi je tiens à exposer les raisons de mon opposition, tant elle interpelle le citoyen et l’élu local que je suis.
ADP est également concerné par le dossier du CDG Express, maintes fois abordé dans ce blog et la création du nouveau Terminal T4 auquel je suis favorable ; il me semble opportun d’apporter une réponse adaptée à la croissance d’un trafic aérien qui doublera d’ici 2030 sans multiplier pour autant le nombre d’aéroports. Notre Dame des Landes nous a montré ce qu’il convient de ne plus faire.
Cet alignement de planètes vis à vis d’ADP n’est peut être pas si anodin qu’il y parait, j’y reviendrais plus loin. La corbeille de la future mariée est bien garnie …

Notons que c’est la mobilisation de 248 parlementaires qui a permis à cette consultation de se tenir. Certains d’entre eux avaient, rappelons le, soutenu en son temps la privatisation des réseaux d’autoroutes ou la vente d’une part importante du capital d’ADP au privé en 2013 ( 13 % d’actions vendues à 78 €, leur valeur a doublé depuis). Si certaines considérations « tactiques » ne sont sans doute pas à écarter leur initiative donne la parole au citoyen et c’est ce qui importe.

Encore faut-il, que ce référendum puisse se tenir. Préalable, réunir 4.717.396 signatures (soit 10% des électeurs) d’ici le 12 mars 2020. Or nous n’en sommes actuellement qu’à un peu plus de 770 000. Il est donc urgent de se mobiliser.

Certains des arguments échangés, caricaturaux, ne résistent pas à l’analyse : la police et les douanes des aéroports parisiens, quoiqu’il arrive, resteront bien de la compétence de l’Etat, vouloir faire croire que le rôle d’ADP se limite à gérer les galeries marchandes des aéroports revient également à se moquer du monde.
Soulignons, qu’en plus de gérer les pistes, le trafic aérien, la sécurité aérienne à l’approche des aéroports, les dispositifs de sûreté des passagers, et effectivement les centres commerciaux, ADP détient un patrimoine foncier de plus de 400 ha qu’il convient de maitriser !

Ce sont des raisons de fond qui expliquent mon opposition à la privatisation d’ADP. Elles concernent autant l’économique, que le stratégique, l’aménagement de nos territoires ou la souveraineté du politique en matière d’action publique.

Qu’elles sont elles ?

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(Ir) Radié

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J’ai appris par la presse, que j’avais été « radié » du Parti Socialiste, dont je ne suis plus adhérent depuis les présidentielles.

Je compte beaucoup d’amis au PS que je respecte et que j’apprécie aussi je ne veux pas ajouter du désordre au désordre par une polémique de plus. Permettez-moi seulement de penser que la priorité du parti socialiste aujourd’hui devrait être plutôt de rassembler que d’exclure.

Il faudrait sans doute que ses responsables s’interrogent sur les raisons qui ont amené tant d’élus locaux emblématiques mais aussi de français, à effectuer un autre choix que celui du candidat officiel de ce parti, auteur du score historique que chacun connaît, qui depuis d’ailleurs l’a quitté.

Mieux vaut me semble-t-il traiter les causes plutôt que les conséquences.

Social-démocrate, rocardien et européen convaincu, j’ai toujours défendu la vision d’un socialisme de la responsabilité et du réel.
Agir pour « Changer la vie » est mon quotidien de Maire. Toute mon énergie est consacrée à améliorer la vie et le devenir des concitoyens qui en ont tant besoin. Dépasser le stade de la déclaration d’intention, du slogan, pour agir au concret, non avec des mots, des théories, des slogans ou des certitudes, mais des doutes, des inquiétudes, afin d’inscrire son action dans les faits, jour après jour, est plus difficile et cela rend surtout également plus humble.

J’ai d’ailleurs toujours considéré l’humilité comme une qualité lorsqu’elle n’est pas dénuée d’ambition.

Toutes ces années, je suis resté fidèle à mes idées, valeurs et engagements, animé non par un plan de carrière ou des calculs personnels, mais par des convictions solides, ancrées au plus profond de moi. Les choix que j’ai effectué en sont le meilleur exemple.

Si j’ai occupé diverses responsabilités, tant fédérales que nationales au niveau de la FNESR, j’ai fait le choixde privilégier le mandat d’élu local et de préserver une liberté d’action et de parole auxquels je tiens, afin de porter la voix de territoires oubliés des politiques nationaux, qu’ils (elles) soient de droite ou de gauche.

Ces espaces péris urbains et ruraux dans lesquels beaucoup d’entre nous vivent ont grand besoin d’attention, mais aussi et surtout de respect, d’améliorations concrètes et urgentes, que ce soit dans les mobilités du quotidien, l’environnement, les services de proximité, l’habitat, l’accès aux soins ou  la culture …

 J’ai constaté ces dernières années, avec consternation, inquiétude, puis colère, l’écart grandissant entre le petit monde des états-majors politiques, trop souvent englués dans les débats de personnes, les polémiques politiciennes souvent superficielles et inutiles, et les citoyens de base, dont les militants de terrain et les élus locaux.

 

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Le mauvais procés fait aux emplois aidés

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Paris, Hotel de Castries, Ministère de la Cohésion des Territoires, 1er septembre

 

Devant le tollé suscité par l’annonce du gouvernement début août de ne plus renouveler les contrats des emplois aides (qui passent de 459 000 en 2016 à 293 000 en 2017), le Premier Ministre a demandé aux ministres de la Cohésion des Territoires, de l’Éducation Nationale et au Directeur de cabinet de la Ministre du Travail de recevoir en urgence une délégation de Maires à laquelle j’ai participé au titre de l’Association des petites villes de France.
Cette décision a déclenché une véritable colère dans les collectivités et beaucoup d’associations. Chacun peut être pour ou contre ce dispositif, mais arrêter ces emplois du jour au lendemain fragilise les personnes en place, déjà pour beaucoup en difficulté et en situation précaire, plonge  associations et collectivités qui font tant pour le lien social de proximité dans des situations très délicates. Beaucoup de Maires se retrouvent actuellement face à des dilemmes humains et budgétaires douloureux devant les arbitrages à faire. 


C’est ce que j’ai expliqué directement aux ministres, en soulignant pourquoi, comme une grande majorité de Maires, je suis oppose à cette mesure, tant sur la forme et la méthode employée que sur le fond. Je ne voudrais surtout pas que mon intervention soit assimilée à celle d’un François Baroin qui oublie aujourd’hui ce qu’il défendait, il y a tout juste quelques mois, en qualité de putatif Premier Ministre de François Fillon dont le programme proposait notamment la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, une saignée de 20 milliards d’euros sur le budget des collectivités sans précédent et l’arrêt du recours aux emplois aidés !

Il faut reconnaitre que Muriel Penicaud, Ministre du Travail, a eu une mauvaise surprise lorsque ses services lui ont indiqué que plus de 60 % de l’enveloppe 2017 allouée aux emplois aidés était déjà consommée. Si cette enveloppe (2,4 milliards €) était dimensionnée pour financer 280 000 contrats, c’est en fait 450 000 que le gouvernement précédent a au final lancé ! Situation relevée par la Cour des Comptes dans un audit effectué avant l’été, ce programme a été effectivement surconsommé et dans le même temps sous-doté financièrement.


Pour plus de clarté, rappelons que ces emplois sont renouvelables chaque année, que leur durée maximale comme leur taux de prise en charge varient selon le dispositif duquel ils sont issus. Cependant l’accord moral passé entre Etat, collectivité et demandeur d’emploi est clair, lorsque tout se passe bien, le renouvellement est quasiment automatique, et ce, jusqu’au terme du contrat.

C’est sur cette base que les communes se sont engagées, contribuant dans une conjoncture budgétaire délicate, à l’effort national contre ce mal endémique qu’est le chômage de masse. L’objectif commun et partagé étant de trouver des solutions, certes ponctuelles, mais concrètes pour tous les seniors ou  jeunes éloignées de l’emploi, afin d’éviter tout déclassement social. Faut il rappeler que l’État avait très vivement encouragé les communes à participer à cette initiative contre le chomage.

Faire aujourd’hui un procès au gouvernement précédent, est oublié un peu vite qu’après chaque alternance, dans l’ordre normal des choses, une loi de finances rectificative intervient.
Elle permet d’influer sur l’action gouvernementale afin de mettre en œuvre rapidement les priorités du nouvel exécutif désigné par les urnes. C’est ce que n’a pas voulu faire Emmanuel Macron. Conséquence directe de ce choix, une compression immédiate et brutale des dépenses faute de nouvelles affectations de recettes, avec un cortège de décisions brutales, non négociés et pour le moins discutables, comme la baisse généralisée des APL et l’arrêt des contrats aidés …
Constatons également, que ce mandat présidentiel débute sous de bons auspices et des bases économiques solides, les meilleures depuis bien longtemps. Tout compte fait, au final, l’héritage n’est pas aussi mauvais que certains le décrivent aujourd’hui, voilà qui devrait mettre un peu de baume au cœur à certains ministres  !


Avant de revenir sur la forme, et tout ce qu’elle hypothèque pour l’avenir, en terme de climat de confiance et de relations apaisées entre collectivités et État, abordons le fond et traitons de l’utilité ou de l’inutilité des emplois aidés …

 

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