Où l’on reparle de la ligne P, coté gare …

« Il n’y a de richesses que d’hommes » Jean Bodin, médiéviste, lire femmes et hommes …

Depuis quelques semaines la rumeur d’une fermeture de la gare de Trilport persiste, y compris si elle est infondée. Le sujet mérite cependant d’être approfondi en transparence et replacé dans le contexte plus global du contrat de concession liant l’autorité organisatrice, Ile de France Mobilités, et son concessionnaire, la SNCF.

Chaque nouveau contrat d’exploitation donne inévitablement lieu à une relecture des missions et exigences attendues par l’autorité organisatrice et une attribution de moyens financiers pour les atteindre. C’est le cas pour la période 2020-2023 qui a été très grandement perturbée par le COVID et a laisse une facture considérable à la Région.
Tout renouvellement se traduit également par de nouveaux objectifs de qualité de service et d’offre ferroviaire et la mise à jour de toute une batterie d’indicateurs d’évaluation (ponctualité, respect de la desserte des gares, garantie des fréquences des trains annoncées, système de bonus/malus … ). Outre le doublement des investissements consentis par la région sur le réseau durant la période la SNCF s’est engagée a maîtriser les coûts et adapter offre de transport et services fournis en gare au contexte financier contraint.

C’est dans ce cadre contractuel qu’intervient le projet « nouvelle offre de services en gare » initié par Transilien et négocié âprement depuis quelques mois par la direction et les syndicats qui y abordent des sujets aussi chauds que la fermeture de nombreux guichets, le redéploiement des ressources humaines sur d’autres missions et la création d’équipes dites « mobiles » dont la mission est de se déplacer dans les gares d’une ligne donnée en fonction des incidents ou de l’affluence des usagers.
Autre élément à prendre en considération, l’ouverture prochaine à la concurrence qui n’est pas sans incidence sur la rationalisation des services mise en œuvre par la SNCF.

Soulignons que présence humaine en gare constitue une véritable priorité pour les élus et les usagers qui considèrent que l’humanisation fait partie intégrante de l’offre de transport, au regard de la place de choix des gares dans la chaîne des mobilités. Elles constituent des éléments structurants majeurs de nos territoires et un enjeu de sécurité évident que ce soit pour les usagers ou les infrastructures du réseau au sens le plus large.
Cet objectif nécessite, vigilance, surveillance, entretien et maintenance. Beaucoup d’entre elles sont devenues de véritables pôles multimodaux, et elles concentrent différentes problématiques : surveillance de l’infrastructure, sécurité, médiation, information, accompagnement de publics fragilisés, veille sur la maintenance et l’entretien des locaux, des quais et abords, enfin in fine fonction commerciale.

Qu’en sera t’il d’ici quelques mois pour la gare de Trilport ?
Au regard de mon implication sur les problématiques liées à la ligne P et aux mobilités en général, j’ai demandé à la SNCF et à Ile de France Mobilités des précisions sur les mesures envisagées dans le cadre du projet « d’adaptation des services en gare », compte tenu des spécificités de la gare de Trilport (pôle multimodal, rupture de charge entre deux lignes …).

Après réception du projet initial, j’ai fait valoir mes arguments sur les propositions parvenues, fait part de certaines réserves ou oppositions et émis quelques pistes de réflexion. Je me félicite du dialogue constructif initié en amont que ce soit avec l’autorité organisatrice et l’opérateur dans l’attente évidemment des arbitrages qui suivront.

Qu’en est il concrètement ?

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Dimanche 24, ne nous trompons surtout pas d’élections

«  Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » Gramsci

Si dimanche prochain le second tour de l’élection présidentielle revêt une importance capitale, son résultat demeure toujours indécis et incertain au regard du contexte politique anxiogène que nous connaissons. Cela peut surprendre, vu la gravité des enjeux que doit relever le pays à court, moyen et long terme, mais c’est ainsi.
Aussi que les choses soient dites : ne pas voter Emmanuel Macron c’est assumer le risque de voir Marine Le Pen et ses idées arriver à l’Élysée le 24 avril au soir.

La situation politique est effectivement «perturbée », comme le soulignent certains signaux faibles du 1er tour qui devraient interpeller la classe politique, tant le pire pourrait arriver un jour et espérons que cela ne soit pas ce dimanche soir :
– Plus d’un français sur quatre ne s’est pas déplacé pour voter,. Ce record pour une présidentielle risque fort d’être battu dimanche 24 avril ;
– Près de 800 000 personnes n’ont voté pour aucun des 12 candidats en lice (bulletins nuls ou blanc), soit plus que les voix réunies par Anne Hidalgo ou Nicolas Dupont-Aignan.
– Les formations politiques comme le PS, les écologistes, le PC ou LR n’ont pas atteint les 5%, Anne Hidalgo ne totalisant que la moitié des votes de Jean Lassalle.

Ce panorama témoigne d’un profond malaise démocratique et d’un divorce latent entre les « politiques » et trop de français , l’élection présidentielle intervenant dans un contexte inédit. Nos concitoyens sortent littéralement  »rincés » et désorientés de la succession de crises inédites et systémiques qui s’est abattue sur la France et la planète ces derniers mois : sociale (gilets jaunes), sanitaires (Covid), économique et militaire (Ukraine), environnementale (rapport du GIEC) …
Autant d’événements qui ont déstabilisé un peu plus une société déjà à la peine, confrontées a des transitions douloureuses et multiples à surmonter, devant le faire sans mode d’emploi explicite, boussole, cap vers où se diriger et balises. Incertitudes exacerbant une crise identitaire et existentielle du pays qui dure et perdure tant elle ne date pas d’hier.

Nos concitoyens attendent « un récit commun à écrire et partager ». Une attente légitime qui ne semble cependant pas troubler outre mesure une classe politique engluée dans des rivalités internes d’un autre temps, prisonnière d’une bulle filtrante qui la déconnecte totalement des priorités, peurs et inquiétudes d’un pays en transition, d’un pays qui doute, qui s’interroge sur lui même et son devenir comme de sa place dans le monde.

Je reviendrais peu après sur les causes de ce désenchantement républicain, mais avant toute chose il faut souligner l’importance du scrutin du 24 avril. La question posée n’est pas de choisir entre le niveau d’un verre à moitié plein ou à moitié vide, dimanche soir, selon le résultat, le verre pourrait bien se briser, mais de rappeler simplement ce qu’est l’extrême droite et toutes les conséquences de sa victoire éventuelle au scrutin présidentiel.

La problématique de ce second tour, n’est pas, contrairement à ce que je lis ou entend, de cautionner ou non la politique de Macron et encore moins de lui signer un chèque en blanc, le 1er tour a été sur ce point instructif 😉
La question à laquelle les français doivent répondre est d’un tout autre niveau : accepter ou non l’impasse que constituerait l’extrême droite pour notre pays et l’Europe, refuser ou non de cautionner les « valeurs » qu’elle porte.
Déposer le bulletin Emmanuel Macron dans l’urne dimanche prochain, ne signifie pas donner quitus à sa politique, d’ici quelques semaines se profilent les élections législatives, chaque élection possède sa logique propre. Rappelons quelques évidences que trop semblent oublier aujourd’hui :
– Agir pour le respect des différences, des cultures, de la laïcité, trésor précieux et fragile s’il en est, c’est voter contre Marine Le Pen et pour Emmanuel Macron ;
– Refuser le populisme, la démagogie, le racisme c’est voter contre Marine Le Pen et pour Emmanuel Macron ;
– Maintenir le cadre républicain, le respect des institutions et des conditions d’un débat démocratique serein et respectueux, c’est voter contre Marine Le Pen et pour Emmanuel Macron ;
– Dire non à Poutine et Orban et oui à l’Europe comme à la planète c’est voter contre Marine Le Pen et pour Emmanuel Macron, n’en doutons pas une seconde Poutine lui vote Marine …

Voilà exprimer simplement l’enjeu du scrutin du dimanche 24 avril. Ne nous trompons ni de combat, ni d’élection, ni de bulletin, s’abstenir c’est assumer de prendre le risque de voir Marine Le Pen l’emporter dimanche soir, l’histoire nous a appris que le pire peut toujours arriver …

Penchons nous cependant sur les causes de ce qu’il faut bien appeler un désamour républicain, c’est bien là que le bas blesse …

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19 mars 2022, « il n’est pas question de livrer le monde aux assassins d’aube »

Nous avons célébré comme chaque année, le 19 mars 1962 afin d’honorer la mémoire de toutes les victimes de ce conflit, civiles ou militaires. Une guerre trop longtemps sans nom, qui a pourtant fait 30 000 morts, 70 000 blessés, plus d’un million de rapatriés (pieds noirs, harkis …), drôle de bilan pour de simples « évènements » ?
Dire qu’il a fallut attendre 2012, pour que cette guerre soit reconnue comme telle, et 2016, pour qu’un Président y assiste

Faut il souligner que cette date correspond à celle du cessez-le-feu ? Si la paix n’a pas été immédiate, c’est bien le 19 mars 1962 qu’a débuté un long et douloureux processus de sortie d’une guerre qui a divisé si longtemps notre pays. Toute polémique sur le choix du 19 mars, eu égard au sacrifice des victimes, consentis ou non, m’apparaît déplacée, voir irrespectueuse.
La guerre d’Algérie, constitue une véritable tragédie que des générations successives ont porté, une déchirure toujours béante, que ce soit, entre français, entre algériens, entre la France et l’Algérie, entre générations parfois également.
Il ne me paraît pas utile et serein de raviver ces blessures douloureuses pour des motifs aussi peu glorieux qu’une élection, 60 ans après.
« Alimenter la guerre des mémoires, c’est rester prisonnier du passé ; faire la paix des mémoires, c’est regarder vers l’avenir. » (François Hollande)

Après le temps de la guerre, vient celui de la résilience, « l’art de naviguer dans les torrents de la mémoire », puis celui du souvenir et de la réconciliation. Triste constat, nous n’en sommes toujours pas là en 2022.

Ce 19 mars 2022 qui a de fait revêtu une dimension dramatique et tragique suite à l’attaque de l’Ukraine par l’armée de Poutine dans une guerre d’une autre époque, anachronique, presque dystopique. Comment en cette journée de commémoration ne pas avoir de pensées pour nos amis ukrainiens.

Lors de la cérémonie, j’ai exprimé toute notre admiration et notre soutien au peuple ukrainien, défendant son pays avec passion, détermination et courage. J’ai témoigné de la solidarité des Trilportais aux réfugiées, qui s’est déjà exprimés, et qui s’exprimera encore plus demain.
Nous avons respecté une minute de silence en l’honneur des victimes ukrainiennes et ukrainiens de ces derniers jours.

La question que nous pose la guerre d’Algérie 60 ans après est à la fois simple et compliqué : Comment à partir des leçons du passé, comprendre et construire le présent afin de préparer un futur plus serein ?

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Pour moi ce sera Emmanuel Macron.

JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

Depuis 1962, le scrutin présidentiel constitue la « mère de toutes les élections » et détermine le cap du pays pour les cinq prochaines années avec des incidences directes très concrètes sur la vie quotidienne de chacun d’entre nous .
Encore faut il pour se positionner en connaissance de cause pouvoir choisir un projet permettant de répondre aux enjeux que devra relever le pays pour les cinq ans à venir.
Il est regrettable que trop de nos politiques ne soient pas à la hauteur de ce rendez vous avec l’histoire et les français. Comment le préparer décemment en seulement quelques semaines et limiter ses propositions à de vagues slogans, quelques truismes ou idées générales ?
Toute alternative pour être crédible doit reposer sur une alliance politique et un programme de gouvernement, tant l’importance de ce scrutin exige de rassembler et fédérer énergies et talents en amont autour d’un projet mobilisateur commun plutôt que de se diviser sur l’accessoire.

Si dans nos vies « l’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant », il est dommageable que le débat politique ces dernières années se soit concentré sur l’insignifiant et les questions d’égo de seconds couteaux en mal de notoriété se rêvant calife à la place du calife. L’essentiel semble trop souvent aux abonnés absents, considéré apparemment comme une « inaccessible étoile » ou quantité négligeable.
Bâtir une alternance crédible et sérieuse impose un travail collectif de fond et une analyse globale de la société et du monde, nécessite écoute, respect et dialogue plus collaboratif qu’itératif. Il faut identifier à la racine les manques et besoins du pays, de ses habitants, comme les potentialités et leviers en présence, prendre en compte les conséquences de l’évolution du monde et de la planète qui influent nécessairement sur l’hexagone. Sans oublier les transitions auxquelles le pays fait face et les fractures qu’elles provoquent, climatiques, énergétiques, numériques, démographiques, alimentaires, territoriales ou sociales.

Face au retour du tragique dans l’histoire, l’essentiel s’ invite de nouveau et brutalement au centre des préoccupations des français et du débat politique. Les calculs politiciens à la petite semaine, les états d’âme de quelques donneurs de leçons riches de leurs seules certitudes, apparaissent soudain surannés, décalés et totalement déconnectés de l’urgence et du monde réel.
L’essentiel se rappelle à nous, et avec gravité : crise sanitaire, accélération du réchauffement climatique et guerre en Ukraine, ici même en Europe.

Que nous le voulons ou non, le désirons ou pas, un nouveau monde émerge, c’est ainsi. Ce contexte nous place face à nos responsabilités individuelles et collectives. Nous vivons une période de « métamorphose » qui impose de bâtir des perspectives d’avenir avec les repères du monde d’aujourd’hui, dont le doute; non avec ceux du monde passé, basés sur des certitudes dépassées. Notre société devenue complexe doit être traitée comme telle.

Si l’homme de gauche que j’étais, suis et serais demain encore, soutiens aujourd’hui la candidature d’Emmanuel Macron, ce n’est pas par défaut mais bien par conviction, sur la base d’une analyse politique et d’une réflexion de fond, que je tiens à partager.
J’ai la parole d’autant plus libre et libérée, que je n’ai jamais transiger sur mes valeurs et refusé jusque là de rejoindre la majorité gouvernementale, y compris si j’avais soutenu la candidature d’Emmanuel Macron en 2017. J’ai gardé distanciation et regard critique sur l’action des gouvernements Philippe et Castex, ce blog s’en faisant régulièrement l’écho …

Je soutiens cependant la candidature d’Emmanuel Macron, en européen convaincu, en élu local d’une petite ville péri urbaine, en homme de gauche appellant de ses vœux une refondation de l’offre politique sociale-démocrate (cette dernière nécessitant le préalable de « comprendre le réel »pour tendre vers l’idéal), mais plus simplement comme un citoyen lambda plaçant au premier plan de ses préoccupations, ainsi que nous y invite dramatiquement et malheureusement l’actualité, l’essentiel.

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L’écoquartier de l’Ancre de lune sur orbite

Déambulation de la délégation ministérielle dans la ville

Le déplacement ministériel qu’Emmanuelle Wargon a consacré à l’écoquartier de l’’Ancre de lune de Trilport souligne que cette opération est reconnue désormais comme un véritable enjeu par l’État au plus haut niveau; il n’est pas si banal que la Ministre du logement réserve toute une demi journée à une telle visite sur son agenda.
Si cet écoquartier intègre toutes les dimensions sociale, urbaine, environnementale du concept, une de ses singularités est d’être porté depuis l’origine par une petite ville désirant simplement rester maitre de son développement futur, préserver ses valeurs et son identité comme sa proximité directe avec les espaces naturels et agricoles.
Un des objectifs des élus est d’éviter que Trilport ne devienne la proie des promoteurs et un espace de relégation, mais qu’au contraire elle attire les talents qui font d’une ville durable, une ville désirable. Objectif ambitieux certes, mais sans ambition qualitative et humilité (les deux vont de pair) il n’est guère possible d’arriver à bon port.

En 2006, jeune maire (qualité éphémère et bio dégradable) je me suis retrouvé confronté à la nécessité d’accueillir de nombreux nouveaux habitants du fait de la loi SRU ; autant je partageais les objectifs d’un texte destiné à favoriser solidarités et mixités sociales, autant l’absence d’ambition qualitative comme les modalités de mise en oeuvre me sont apparues préjudiciables.
Un Maire « exemplaire » aux yeux de l’État d’alors se devait de déployer dans les meilleurs délais des opérations urbaines de grande envergure (situées en périphérie généralement), accueillant 100% de logements sociaux afin d’apporter la réponse quantitative attendue et dans le bon timing. Je n’ai jamais été persuadé que ce mode opératoire soit la meilleure garantie d’aboutir à une mixité épanouie ! Aussi j’assume de ne pas avoir été exemplaire, ne souhaitant pas recréer de nouveaux ghettos dans ma ville, d’autant que le zonage imposé par l’Etat central, malgré l’aide de ses services départementaux a constitué un lourd handicap toutes ces années devenant un véritable boulet entravant singulièrement notre action comme celle des bailleurs agissant sur la ville. Il me semblait également essentiel de laisser le temps à « la greffe urbaine de prendre » en mettant en place les conditions d’une véritable mixité sociale et générationnelle.

Aussi, j’ai proposé à l’équipe municipale d’explorer la piste des écoquartiers, démarche totalement iconoclaste en 2006, qui a beaucoup fait sourire dans les villes voisines. Trilport était déjà engagée sur la voie de la ville durable (1ere commune d’Ile de France à avoir initié un Contrat Régional totalement HQE et de moins de 5 000 habitants à avoir initié un Agenda 21 ), nous ne partions pas d’une page blanche.
Afin d’être le plus en résonance avec le territoire, nous avons initié un long cycle de concertation avec les partenaires institutionnels, les acteurs de terrain ou du monde économique et agricole, des habitants (riverains notamment de la friche sur laquelle était prévue l’implantation du projet urbain).
Cette démarche collaborative de plus de deux ans a favorisé l’émergence d’un projet de territoire authentique, accepté par les habitants, les élections municipales successives le soulignant, tant nos opposants ont utilisé l’écoquartier comme argument électoral « massue ».

La qualité et l’originalité de la démarche ( rien ne vaut la sagesse collective), les ambitions qualitatives développées ont permis à Trilport d’être la plus petite ville lauréate de l’appel à projet « Nouveaux Quartiers Urbains » (ou NQU) lancé par la Région Ile de France en 2009, pourtant fléché essentiellement pour les grandes ville. Nous avons la même année noué un partenariat stratégique avec l’Établissement Public Foncier d’Ile de France, sans qui rien n’aurait été possible, tout en refusant diverses propositions de promoteurs.
Afin de garantir ambitions environnementales et concertation, la commune a opté pour la création d’une Zone d’Aménagement Concertée ( ZAC) et lancé une consultation. Parmi les 4 propositions d’aménageurs, nous avons sélectionné le projet nous apparaissant comme le plus respectueux du cahier des charges (défini dans un référentiel durable) élaboré par Françoise Hélène Jourda pour l’AFTRP et signé le contrat de concession avec cet aménageur en 2012.

Ce travail de réflexion de fond comme les multiples études techniques réalisées ont permis de définir un périmètre cohérent, composé de plusieurs secteurs : zones résidentielles, infrastructures liés aux mobilités (pôle gare), espaces destinés à l’animation sociale et à l’activité économique …

Nous poursuivons la réflexion collective autour de trois objectifs clairs :

  • Contextualiser projet et approche afin d’être le plus en résonance avec le territoire,
  • Agir sur une performance environnementale globale, laissant de coté « green tech » et « green washing », intégrant usages des habitants, fonctions de la ville, proximité habitat / gare, origine des matériaux utilisés, protection des espaces agricoles et naturels ;
  • Conforter lien social et mixités, qu’elles soient générationnelles (une ville pour tous les âges), sociales (répondant aux objectifs de la loi SRU) ou fonctionnelles afin de préserver une activité économique, commerciale (commerce de proximité) et servicielle.

Année clé, 2016, durant laquelle l’Ancre de lune a glané deux distinctions prestigieuses : le label national et celui de la Région Ile de France, « Quartiers innovants et écologiques ». Soulignons le soutien constant de la Région Ile de France, de Jean Paul Huchon (2009) à Valérie Pécresse (2016), ce qui souligne l’intérêt de cette opération pour le territoire.

Suite à des interrogations soulevées lors de la visite ministérielle, j’ai jugé utile de revenir sur certains points essentiels :

  • Pourquoi  » reconstruire la ville sur la ville ». Quels obstacles avons nous du surmonter ?
  • Comment le choix du chanvre s’est il imposé ?
  • Quel projet social pour un écoquartier comme l’Ancre de lune ?

Pour en savoir plus

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2022 : an 1 du mandat municipal ?

Les vœux 2022 ont été placés une fois encore sous le signe de la virtualité et de la distanciation sociale du fait d’un COVID qui nous accompagne depuis les élections municipales. Ce mandat ne ressemble décidément à aucun autre.

Rares sont les événements au niveau planétaire, hormis les conflits mondiaux évidemment, qui auront eu autant d’impact sur nos vies quotidiennes ou collectives, comme sur la perception des uns et des autres de repères tutélaires qui balisaient et jalonnaient jusque là nos existences respectives, encadrant quelque peu nos conceptions de la société et priorités de vie. Demain ne sera décidément plus comme hier.

Pour un Maire, élu local de proximité par nature, cette altération durable du lien et des interactions sociales provoque un sentiment compréhensible de manque doublé inévitablement de frustration … Le temps file, file, et le contexte sanitaire perturbe et contrarie considérablement les projets portés pour nos territoires afin de bâtir, construire, proposer, réaliser …
Il faut cependant savoir raison garder, tant ces derniers mois se sont passés en mode actif pour ce qui nous concerne. Les élus locaux n’ont pas failli, loin s’en faut. Ils n’ont pas donné dans le spectaculaire certes, mais dans l’utile, voir l’indispensable. Présents au quotidien sur le terrain, agissant par petites touches de pinceaux successives, plus impressionnistes que pointillistes, afin de répondre aux aléas et priorités de l’instant. Leur action lorsque l’on l’analyse avec un minimum de distanciation prend tout son sens, tant elle a grandement contribué à la résilience de territoires qui ont pu ainsi répondre présents à l’adversité et incertitudes de l’époque.

Cette crise planétaire a souligné surtout l’importance d’être solidaires, collaboratifs, d’impulser des dynamiques et solidarités de proximité. Elle a démontré l’intérêt pour le pays de préserver la capacité d’action des communes et acteurs de terrain, afin qu’ils soient en position d’alimenter la capillarité qui irrigue nos territoires et nourrit leurs métabolismes urbains, ensembles complexes et fragiles s’il en est, afin d’éviter qu’ils ne dépérissent. Les modèles XXL, sans racine, désincarnés et lointains considérés autrefois comme l’alpha et oméga de l’organisation territoriale et de la gouvernance publique ont démontré toutes leurs limites durant la crise, agissant comme un véritable crash test.
L’utilité des « premiers de corvée », hier invisibles et totalement hors des radars de nos élites, s’est imposé à tous et à chacun, leur action concrète, constante et résolue a permis au pays de tenir et de fonctionner au quotidien et de préserver ainsi sa capacité à rebondir après l’orage et le vent mauvais.
La place de l’État et de ses services, dont nous avons subi trop fréquemment les postures caricaturales passées et dépassées (la France d’aujourd’hui n’est plus celle de Napoléon) se doit d’être reconsidérée.
Le problème n’est pas « plus ou moins d’État », comme certains veulent nous le faire croire, (c’est la période), tant nos territoires ont en grand besoin, mais « mieux » d’état. Il faut que ce dernier soit agile, proche, réactif, créatif, collaboratif, à l’écoute du terrain, en résonance de ses besoins et de priorités aussi essentielles que la santé, l’éducation, les solidarités …

La crise sanitaire constitue un catalyseur et un accélérateur des transitions que traverse un monde globalisé qui n’arrête pas lui d’avancer. Elle illustre la rupture entre deux millénaires se chevauchant, qui hier encore se tutoyaient et se confondaient .
Elle a surtout permis de rappeler la primauté de la vie sur l’économie, de l’essentiel face à l’insignifiant ou l’accessoire, et dévoiler des qualités insoupçonnées chez nos concitoyens. Sous l’orage ils n’ont ni flanché, ni craqué, se sont montrés solidaires, fait violence parfois pour accepter avec discipline les contraintes successives qui s’imposaient face aux aléas, tant le doute a remplacé les certitudes d’hier, ce qui au final n’est pas si mal, mieux vaut douter parfois … Il faut le souligner, le rappeler et le marteler, si nécessaire, les français dans leur immense majorité ont su faire « société » et bloc lorsqu’il le fallait.

2022, je l’espère sera l’année du rebond et constituera également pour les élus locaux de 2020, aussi incroyable que cela puisse paraitre, mais les faits sont têtus, la première vraie année de ce mandat municipal.

Avec à la clé un formidable défi à relever : renouer avec la vie …
Il nous faut, et plus que jamais, nous mobiliser et agir, agir ensemble, pour retisser les liens distendus ou brisés, réparer les terribles dégâts causés par ces mois chaotiques, « prendre sens dans l’insensé », auprès des naufragés, des plus touchés, des personnes isolés, des seniors à reconnecter au lien social et à tous ces jeunes désorientés qu’il faut de nouveau réenchanter, tant ils représentent, incarnent et sont l’avenir …

Belle feuille de route au final, non ?