Pour moi ce sera Emmanuel Macron.

JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

Depuis 1962, le scrutin présidentiel constitue la « mère de toutes les élections » et détermine le cap du pays pour les cinq prochaines années avec des incidences directes très concrètes sur la vie quotidienne de chacun d’entre nous .
Encore faut il pour se positionner en connaissance de cause pouvoir choisir un projet permettant de répondre aux enjeux que devra relever le pays pour les cinq ans à venir.
Il est regrettable que trop de nos politiques ne soient pas à la hauteur de ce rendez vous avec l’histoire et les français. Comment le préparer décemment en seulement quelques semaines et limiter ses propositions à de vagues slogans, quelques truismes ou idées générales ?
Toute alternative pour être crédible doit reposer sur une alliance politique et un programme de gouvernement, tant l’importance de ce scrutin exige de rassembler et fédérer énergies et talents en amont autour d’un projet mobilisateur commun plutôt que de se diviser sur l’accessoire.

Si dans nos vies « l’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant », il est dommageable que le débat politique ces dernières années se soit concentré sur l’insignifiant et les questions d’égo de seconds couteaux en mal de notoriété se rêvant calife à la place du calife. L’essentiel semble trop souvent aux abonnés absents, considéré apparemment comme une « inaccessible étoile » ou quantité négligeable.
Bâtir une alternance crédible et sérieuse impose un travail collectif de fond et une analyse globale de la société et du monde, nécessite écoute, respect et dialogue plus collaboratif qu’itératif. Il faut identifier à la racine les manques et besoins du pays, de ses habitants, comme les potentialités et leviers en présence, prendre en compte les conséquences de l’évolution du monde et de la planète qui influent nécessairement sur l’hexagone. Sans oublier les transitions auxquelles le pays fait face et les fractures qu’elles provoquent, climatiques, énergétiques, numériques, démographiques, alimentaires, territoriales ou sociales.

Face au retour du tragique dans l’histoire, l’essentiel s’ invite de nouveau et brutalement au centre des préoccupations des français et du débat politique. Les calculs politiciens à la petite semaine, les états d’âme de quelques donneurs de leçons riches de leurs seules certitudes, apparaissent soudain surannés, décalés et totalement déconnectés de l’urgence et du monde réel.
L’essentiel se rappelle à nous, et avec gravité : crise sanitaire, accélération du réchauffement climatique et guerre en Ukraine, ici même en Europe.

Que nous le voulons ou non, le désirons ou pas, un nouveau monde émerge, c’est ainsi. Ce contexte nous place face à nos responsabilités individuelles et collectives. Nous vivons une période de « métamorphose » qui impose de bâtir des perspectives d’avenir avec les repères du monde d’aujourd’hui, dont le doute; non avec ceux du monde passé, basés sur des certitudes dépassées. Notre société devenue complexe doit être traitée comme telle.

Si l’homme de gauche que j’étais, suis et serais demain encore, soutiens aujourd’hui la candidature d’Emmanuel Macron, ce n’est pas par défaut mais bien par conviction, sur la base d’une analyse politique et d’une réflexion de fond, que je tiens à partager.
J’ai la parole d’autant plus libre et libérée, que je n’ai jamais transiger sur mes valeurs et refusé jusque là de rejoindre la majorité gouvernementale, y compris si j’avais soutenu la candidature d’Emmanuel Macron en 2017. J’ai gardé distanciation et regard critique sur l’action des gouvernements Philippe et Castex, ce blog s’en faisant régulièrement l’écho …

Je soutiens cependant la candidature d’Emmanuel Macron, en européen convaincu, en élu local d’une petite ville péri urbaine, en homme de gauche appellant de ses vœux une refondation de l’offre politique sociale-démocrate (cette dernière nécessitant le préalable de « comprendre le réel »pour tendre vers l’idéal), mais plus simplement comme un citoyen lambda plaçant au premier plan de ses préoccupations, ainsi que nous y invite dramatiquement et malheureusement l’actualité, l’essentiel.

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2022 : an 1 du mandat municipal ?

Les vœux 2022 ont été placés une fois encore sous le signe de la virtualité et de la distanciation sociale du fait d’un COVID qui nous accompagne depuis les élections municipales. Ce mandat ne ressemble décidément à aucun autre.

Rares sont les événements au niveau planétaire, hormis les conflits mondiaux évidemment, qui auront eu autant d’impact sur nos vies quotidiennes ou collectives, comme sur la perception des uns et des autres de repères tutélaires qui balisaient et jalonnaient jusque là nos existences respectives, encadrant quelque peu nos conceptions de la société et priorités de vie. Demain ne sera décidément plus comme hier.

Pour un Maire, élu local de proximité par nature, cette altération durable du lien et des interactions sociales provoque un sentiment compréhensible de manque doublé inévitablement de frustration … Le temps file, file, et le contexte sanitaire perturbe et contrarie considérablement les projets portés pour nos territoires afin de bâtir, construire, proposer, réaliser …
Il faut cependant savoir raison garder, tant ces derniers mois se sont passés en mode actif pour ce qui nous concerne. Les élus locaux n’ont pas failli, loin s’en faut. Ils n’ont pas donné dans le spectaculaire certes, mais dans l’utile, voir l’indispensable. Présents au quotidien sur le terrain, agissant par petites touches de pinceaux successives, plus impressionnistes que pointillistes, afin de répondre aux aléas et priorités de l’instant. Leur action lorsque l’on l’analyse avec un minimum de distanciation prend tout son sens, tant elle a grandement contribué à la résilience de territoires qui ont pu ainsi répondre présents à l’adversité et incertitudes de l’époque.

Cette crise planétaire a souligné surtout l’importance d’être solidaires, collaboratifs, d’impulser des dynamiques et solidarités de proximité. Elle a démontré l’intérêt pour le pays de préserver la capacité d’action des communes et acteurs de terrain, afin qu’ils soient en position d’alimenter la capillarité qui irrigue nos territoires et nourrit leurs métabolismes urbains, ensembles complexes et fragiles s’il en est, afin d’éviter qu’ils ne dépérissent. Les modèles XXL, sans racine, désincarnés et lointains considérés autrefois comme l’alpha et oméga de l’organisation territoriale et de la gouvernance publique ont démontré toutes leurs limites durant la crise, agissant comme un véritable crash test.
L’utilité des « premiers de corvée », hier invisibles et totalement hors des radars de nos élites, s’est imposé à tous et à chacun, leur action concrète, constante et résolue a permis au pays de tenir et de fonctionner au quotidien et de préserver ainsi sa capacité à rebondir après l’orage et le vent mauvais.
La place de l’État et de ses services, dont nous avons subi trop fréquemment les postures caricaturales passées et dépassées (la France d’aujourd’hui n’est plus celle de Napoléon) se doit d’être reconsidérée.
Le problème n’est pas « plus ou moins d’État », comme certains veulent nous le faire croire, (c’est la période), tant nos territoires ont en grand besoin, mais « mieux » d’état. Il faut que ce dernier soit agile, proche, réactif, créatif, collaboratif, à l’écoute du terrain, en résonance de ses besoins et de priorités aussi essentielles que la santé, l’éducation, les solidarités …

La crise sanitaire constitue un catalyseur et un accélérateur des transitions que traverse un monde globalisé qui n’arrête pas lui d’avancer. Elle illustre la rupture entre deux millénaires se chevauchant, qui hier encore se tutoyaient et se confondaient .
Elle a surtout permis de rappeler la primauté de la vie sur l’économie, de l’essentiel face à l’insignifiant ou l’accessoire, et dévoiler des qualités insoupçonnées chez nos concitoyens. Sous l’orage ils n’ont ni flanché, ni craqué, se sont montrés solidaires, fait violence parfois pour accepter avec discipline les contraintes successives qui s’imposaient face aux aléas, tant le doute a remplacé les certitudes d’hier, ce qui au final n’est pas si mal, mieux vaut douter parfois … Il faut le souligner, le rappeler et le marteler, si nécessaire, les français dans leur immense majorité ont su faire « société » et bloc lorsqu’il le fallait.

2022, je l’espère sera l’année du rebond et constituera également pour les élus locaux de 2020, aussi incroyable que cela puisse paraitre, mais les faits sont têtus, la première vraie année de ce mandat municipal.

Avec à la clé un formidable défi à relever : renouer avec la vie …
Il nous faut, et plus que jamais, nous mobiliser et agir, agir ensemble, pour retisser les liens distendus ou brisés, réparer les terribles dégâts causés par ces mois chaotiques, « prendre sens dans l’insensé », auprès des naufragés, des plus touchés, des personnes isolés, des seniors à reconnecter au lien social et à tous ces jeunes désorientés qu’il faut de nouveau réenchanter, tant ils représentent, incarnent et sont l’avenir …

Belle feuille de route au final, non ?