Déserts médicaux, réalité d’aujourd’hui ou de demain ?

The Sahara desert is the world’s largest hot desert.  Credit: Shutterstock

L’Association des Petites Villes de France, « Villes de France » (fédérant les villes dites « moyennes » jusqu’à 100 000 habitants) et la Mutuelle Nationale Territoriale, ont organisé un colloque consacré à la désertification médicale réunissant élus locaux, professionnels de santé, représentants de l’ARS et de mutuelles, Ministère de la Santé et la Fédération Hospitalière Française via son président, Frédéric Valletoux. Les échanges ont permis d’aborder beaucoup de sujets, tant sur la médecine de ville, que la situation des services d’urgence ou encore bien évidemment celle de l’hôpital.

L’accès aux soins constitue désormais une problématique majeure, de plus en plus anxiogène pour nos concitoyens, tant elle se transforme trop souvent en parcours du combattant du fait de la pénurie de professionnels de santé, conséquence, le nombre d’habitants sans médecin référent est en augmentation constante y compris dans les grandes villes. La fracture médicale rejoint les autres fractures du pays, qu’elles soient numériques ou sociales, qui contribuent d’autant à renforcer les inégalités entre les différents territoires de la République.
L’accès au soin est un des piliers, non seulement de l’aménagement du territoire mais également du pacte républicain. Si les élus actent certaines avancées dans le projet de loi relatif à « l’organisation et à la transformation du système de santé » (création des projets territoriaux de santé, suppression du numerus clausus, recours aux médecins adjoints …), la gravité de la situation exige des mesures d’une toute autre nature, l’urgence doit ici se conjuguer au présent. Aussi les élus regrettent l’absence de mesures de régulation, qui sans être coercitives permettraient d’agir contre les écarts de densité médicale entre territoires . Un débat direct s’est engagé avec les professionnels présents, notamment des internes, très opposés à l’idée même de régulation.
D’autres sujets ont été abordé : quid de la cartographie des hôpitaux de proximité, quels professionnels y travaillent, sur quel mode ? Comment établir des schémas territoriaux permettant d’éviter la concurrence entre maisons médicales quelquefois même de villes voisines se « piquant » des professionnels ?
Des pistes ont été esquissées : mutualisation et développement du travail par équipes pluridisciplinaire, hybridation des solutions mises en place en fonction du contexte local (médecins salariés ou libéraux), diminution de la charge de travail des médecins, certaines missions non « spécialisés » pouvant être effectuées par d’autres professionnels (infirmières en pratique avancée, pharmaciens …) afin de développer les complémentarités dans la chaîne de soins et d’utiliser au mieux les compétences de chacun ….

Quelles propositions émanent des associations d’élus ?

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Habitat #1 : « Aide toi, le ciel t’aidera »

L’Ile de France coté périurbain, lier les territoires et les hommes devient une urgence absolue

Nos villes se développent et Trilport n’échappe pas à cette tendance de fond. Dans le même temps nos concitoyens constatent au quotidien une dégradation continue de leurs conditions de transport, ce qui les amène à s’interroger sur le coté paradoxal d’une telle situation.
L’objet de ce billet, premier d’une série dédiée aux problématiques liées à l’habitat et à l’aménagement urbain est de répondre à ces interrogations légitimes.

De multiples raisons sont à l’origine de ce mouvement de fond démographique qui redessine le pays : le prix du foncier des centres villes des métropoles, l’envie de fuir un mode de vie trop urbain, mais également les conséquences de la loi Solidarité Renouvellement Urbain (ou SRU) votée en 2000 dont les deux principaux objectifs sont la lutte contre la ghettoïsation de certains quartiers et la diffusion de la mixité sociale dans tous les territoires.
Les violences urbaines de 2005, véritable électro choc, ont amèné les gouvernements successifs à durcir ses modalités d’application, notamment pour les villes concernées par le seuil minimum de logements sociaux exigé (20 puis 25% d’ici 2025).
Tenus pour responsables par l’Etat, les Maires, boucs émissaires bien pratiques, et toujours en première ligne se sont mis progressivement en ordre de marche afin de rattraper en quelques années plus de 40 ans d’inaction du pays en matière d’aménagement urbain. Ils ont du se familiariser avec le maquis réglementaire et administratif complexe et techno qui encadre le logement social, des procédures qui ne le sont pas moins, apprenant peu à peu à repèrer écueils, freins, et contraintes d’un exercice nouveau qu’il découvrait.
Placés sous la pression attentive et constant des services de l’Etat, les élus doivent compter avec deux dispositifs « incitatifs » et contraignants : une « pénalité » financière par logement social manquant et un objectif de construction à respecter tous les 3 ans. Dans le cas ou une ville n’atteint pas l’objectif fixé, elle est déclarée « sous carence », avec trois conséquences directes à la clé : le Droit de Préemption Urbain est transféré au Préfet, enfin le choix, la nature des opérations et celui des bailleurs dépend directement du Préfet.
En décodé, cela signifie que c’est le Préfet qui décide où et comment construire, choisit le bailleur et attribue les logements du contingent communal aux publics prioritaires du département ! Au final, les logements exigés seront tout de même réalisés, au plus vite, sans concertation ou projet urbain qualitatif ! Je laisse chacun juge de ce qu’il convient de faire …

Ce contexte m’a amené à adopter et faire mienne une « mantra » chère à Jean de La Fontaine illustre fabuliste s’il en est, « Aide toi, le ciel t’aidera ».

Comment s’aider soi même ?

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Pourquoi une Maison des familles ?

 

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L’inauguration du Lieu d’Accueil Enfants Parents (LEAP) du pôle Petite Enfance de la Villa Bia constitue une première illustration concrète de l’éco quartier de l’Ancre de lune. C’est dans le cadre de l’élaboration du volet social de ce beau projet qu’avait ete fléché comme piste de travail la Petite Enfance, domaine dans lequel la commune était jusque là, absente.

En partenariat avec les services départementaux, de la MSA et de la CAF, un diagnostic territorial a été réalisé. Il a permis, grâce à la concertation engagée (enquêtes, questionnaires, entretiens qualitatifs, rencontre avec tous les acteurs…) d’aborder globalement cette problématique, en partant du contexte local, et de définir une ligne stratégique dont la première étape a été la création du Relais d’Assistantes Maternelles (RAM), préfiguration de la future Maison de la Petite Enfance que nous voulions implanter au cœur du futur éco-quartier.
Dans l’attente du lancement effectif de ce dernier, la nouvelle structure a été  hébergée provisoirement dans les locaux de la villa Bia, rénovés pour l’occasion. Cette demeure bourgeoise, ancienne propriété de l’usine Kleber, avait été acquise il y a quelques années par la commune du fait de sa localisation centrale, de la beauté de son magnifique parc arboré et du potentiel du site même de la Villa Bia.

Autre atout, et non des moindres, la qualité de l’animatrice du RAM qui a su, dès son arrivée, habiter les lieux, créer une ambiance positive et bienveillante, ce qui a constitué un élément clé dans l’appropriation du site tant par les familles que par les professionnelles, au point que l’implantation de provisoire est devenue définitive.

Le RAM a été une étape décisive au regard de son utilité pour les familles désormais soutenues et accompagnées dans leur recherches de modes de garde, leur rôle d’employeur (contrat de travail, démarches administratives …), et les professionnelles qui ont créé autour de la vie de cette structure une véritable communauté, notamment lors des ateliers proposés et des échanges partagés.
Parmi les animations proposées, une est devenue emblématique, et ce bien au delà de Trilport, il s’agit de « Parlons d’Enfance ».
Ce rendez-vous annuel propose sur une semaine des spectacles, conférences, ateliers thématiques, dédiées aux problématiques liées à l’enfance et à la petite enfance (2014 : le rythme de l’enfant ; 2015 : les petits se réveillent et s’éveillent; 2016 : Acquisitions, apprentissages et transmissions) …

Des remontées du terrain, tant des professionnelles, que des enseignants de maternelles ou de l’animatrice du RAM, confrontée au succès d’un accueil aux familles mis en place dans le cadre de ses activités, ont permis de révéler un besoin croissant d’écoute et de dialogue de parents, pour certains en grande difficulté.
Cette situation nous a amené à envisager la création d’un Lieu d’accueil Enfants Parents (LAEP), ouvert aux enfants de 0 à 6 ans, allant donc jusqu’aux élèves scolarisés. Un LAEP est un lieu où parents et enfants peuvent se poser, dialoguer en toute confiance pour partager expériences, doutes, angoisses, questionnements …
Véritable moment d’intimité et d’échange autour de la parentalité avec des professionnelles formées à l’écoute et faisant de la neutralité, de la confidentialité et de l’anonymat des impératifs absolus.

Le succès croissant du pôle Petite Enfance, l’harmonie se dégageant d’un site empreint d’une certaine magie, nous ont amené peu à peu à faire évoluer le projet initial, à voir plus grand, plus innovant également, et à travailler à la création du concept de « Maison des familles » :

  • En ayant pour ambition de replacer humanité et bienveillance au centre de la relation d’accueil sur toutes les questions relatives à la famille, au sens large,
  • en regroupant sur un seul site l’ensemble des services dédiés au lien social, pour toutes les générations, du premier au troisième âge.

La Maison de la Petite Enfance que nous envisagions au lancement de l’éco quartier, a laissé place depuis, à un projet plus global, destiné à favoriser l’inclusion sociale de tous, quel que soit les générations, une Maison au service des familles …

 

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Retrouver le fil de l’humanité

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Si la crise des migrants est emblématique, elle est révèlatrice des fractures profondes que traversent notre société.
Cette situation doit nous interpeller pour nous amener, au delà des belles déclarations de principe, à mettre en oeuvre des actions concrètes et adaptées, et travailler à élaborer des réponses plus globales.

Cette crise touche à des valeurs humanistes et républicaines essentielles, avec lesquelles il n’est pas possible de transiger, tant elles sont identitaires. Rappelons que la France, dans son ADN même, est une terre d’accueil dont le droit d’asile constitue un des fondements principaux. Notre pays s’est aussi construit depuis des siècles autour des vagues migratoires successives qui ont traversé son histoire.
Elle confronte également les élus locaux à la vision qu’ils ont et de leur action et de leur responsabilité. Médiateurs du quotidien et de la proximité, ils contribuent, en première ligne, à tisser les liens qui font société, qui favorisent cohésion sociale et « vivre ensemble »; encore faut il qu’ils soient considérés par l’Etat comme de véritables partenaires et associés à ce titre le plus en amont possible à un dialogue respectueux et constructif sur les meilleures conditions de mise en place d’une politique d’accueil locale.

S’il faut soutenir sans réserve le plan national d’accueil des refugiés et migrants initié par le gouvernement et la décision courageuse de démanteler la jungle de Calais comme tous les ghettos indignes qui subsistent encore sur notre territoire, un constat s’impose : assurer un traitement juste des conditions d’accueil et des demandes d’asile, nécessite de replacer l’humanité au cœur de notre démarche. Nous en sommes trés éloignés aujourd’hui, confrontés à l’urgence, souvent même à l’improvisation, ce contexte pré conditionne une approche technocratique et quantitative de problématiques complexes qui touchent à l’intime et au collectif.
Un accueil digne de populations fragilisées, nécessite pourtant sérénité, anticipation, prise en compte des priorités humaines et des réalités locales.

Nous ne pouvons plus désormais considérer les épisodes migratoires comme de simples accidents géo politiques ou des aléas de l’histoire, mais bien comme un processus continu qui ne s’arrêtera pas de si tôt, au regard de la multiplication des conflits régionaux et des conséquences dramatiques du changement climatique …

Autant de perspectives qui imposent de définir une stratégie autour de nos politiques d’accueil, un cadre d’action, la mise en place de véritables éco-systèmes, tant nous sommes confrontés avant tout à une problématique éminemment humaine, avec un objectif clair, aboutir à une inclusion sociale et territoriale épanouie.

Si rien ne change, c’est notre cohésion sociale même qui risque d’être déstabilisée par la moindre poussée migratoire, y compris modeste, tant ce phénomène, somme toute naturel, les migrations font partie de l’histoire de l’humanité, est exploitée sans vergogne, ni scrupule par la droite la plus extrême, utilisant la période d’incertitude collective que nous traversons comme un véritable terreau afin de susciter ou attiser les peurs et les fantasmes les plus éculés, en clivant, divisant, excluant au lieu de fédérer et d’unir.

C’est bien notre cohésion sociale qui aujourd’hui est en jeu …

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Habitat social, où en sommes nous ?

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L’opération des logements sociaux de FSM inaugurée rue de Montceaux cette semaine, me donne l’occasion de faire un point sur notre situation en ce domaine et le partenariat initié avec ce bailleur.

Je ne l’apprendrais pas aux lecteurs de ce blog, l’article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, impose à toute commune francilienne de plus de 1500 habitants d’avoir d’ici 2020, 20% de logements sociaux et 25% en 2025 (loi ALUR). Rappelons que si les décrets d’application de la loi SRU ne datent que de 2002, la pénurie de logements en France est une vieille histoire.
L’état demande aux élus en un ou deux mandats de réparer plus d’un demi siècle d’immobilisme sur une telle question ; or pour appréhender et maitriser les ressorts d’une problématique que chacun s’accorder à reconnaitre comme complexe, il est nécessaire d’acquérir un minimum d’expertise et de savoir faire dans des domaines aussi divers que le foncier, l’habitat ou l’urbanisme. Le but d’une mixité réussie étant d’offrir aux habitants les conditions d’un véritable épanouissement. Ce qui veut signifie que même pour un élu convaincu de l’intérêt de ce texte, comme je le suis, lancé une telle action, véritable politique publique, lexige un minimum de temps, notamment au début.
J’ai la conviction que s’il faut bien évidemment suivre à la lettre cette loi légitime, notamment répondre aux exigences quantitatives, il est également important d’en respecter l’esprit et de se fixer des priorités qualitatives ; ce qui est techniquement un peu plus compliqué à réaliser … Aussi, j’ai le sentiment d’avoir agit juste en faisant de la qualité de l’habitat, au sens global, une exigence préalable, et de tout avoir mis en œuvre pour y arriver.
Il est vrai qu’une autre démarche etait possible : préempter un terrain en périphérie de ville, y bâtir en nombre les locatifs sociaux manquants … Loin des yeux, loin du cœur … Méthode simple, rapide, apparemment moins couteuse, respectant les objectifs quantitatifs de la loi SRU, mais pour le moins court termiste.
J’assume de ne pas avoir été sur ce point exemplaire et d’avoir pris le temps de bien faire ; ce qui en son temps m’a valu des échanges pour le moins directs avec les représentants de l’Etat.

 

Quelques convictions tout d’abord.

Un Maire n’est pas l’élu d’une ville mais d’un territoire, ensemble complexe composé d’entités urbaines, agricoles et naturelles qui doivent dialoguer ensemble en bonne intelligence. Notre volonté est de préserver l’intégrité des espaces naturels et agricoles, afin qu’ils gardent toute leur potentialité, en prenant prendre le contre pied du modèle urbain dominant, celui de l’étalement urbain, basé sur le développement de la ville «longue distance», consommatrice de foncier, d’énergie, de pierre, de temps et grande dévoreuse d’espaces …

Depuis 2005 nous avons considérablement renforcé nos moyens d’action, acquis un réel savoir faire, initié un projet de développement durable du territoire (notamment avec l’éco quartier), réuni des partenaires indispensables, dont les services de l’état avec lesquels nous travaillons en toute transparence et l’Etablissement Public Foncier, qui déploie toute son expertise pour nous aider à construire du logement social ; et ce malgré les diverses difficultés rencontrées : foncières, financières, règlementaires, dont une spécifique à Trilport, un zonage absurde, inéquitable, illégitime pénalisant le montage de toute opération de création de logement sociaux. Nous agissons pour :

  • promouvoir un logement social de qualité, notamment en centre ville : afin de rapprocher les habitants des équipements publics, de développer les mobilités douces, afin de faire de Trilport une ville « courte distance ». Les appartements inaugurés sont lumineux, connectés à la fibre optique, dotés d’outils de suivi mobiles individuels …
  • diminuer les charges des locataires en participant à la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre (performances thermiques et isolation très performante), en privilégiant le plus possible les matériaux bio sourcés,
  • privilégier les opérations à taille humaine, l’éco construction, l’accessibilité, la signature architecturale du bâti et son intégration au site.
  • Développer une mixité multi générationnelle et sociale dans toute la ville, afin d’éviter ghettoïsation ou sentiment de déclassement et proposer également des solutions de logement adaptées tant aux séniors, qu’aux jeunes
  • Intégrer dans chaque opération les problématiques du stationnement, afin d’apporter des réponses non doctrinales mais bien concrètes

Mais au delà du rationnel, du technique, des données statistiques, je voudrais surtout et plus que tout parler d’humain, d’affect, de pathos, de désir. Trop peu d’acteurs s’en préoccupent, c’est pourtant essentiel.

Une feuille de route s’impose : rendre la ville durable, aimable et désirable, en travaillant sur la qualité des espaces, du bâti, des services de proximité mis en place … Vivre en ville, c’est avant tout habiter sa ville et même si possible être habiter par elle.

Il est grand temps de faire évoluer dans l’inconscient collectif les représentations liées à la ville, à l’épanouissement personnel, familial et collectif, en améliorant concrètement la qualité de vie, les aménités, l’intensité urbaine et placer l’humain et la préservation de la nature au centre de nos réflexions.

La ville est un tissu vivant qui doit se régénérer, se reconstruire sur lui même, mais être également en capacité de procurer de l’émotion et d’avoir une dimension évocative. S’il est nécessaire de développer une ville plus intense, elle doit dans le même temps être surtout, paradoxalement, plus humaine … C’est la vision que nous partageons avec nos partenaires.

 

Pourquoi avoir choisi FSM, et où en sommes nous vis à vis de la loi SRU ?

 

 

 

 

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Pourquoi FSM ?

Dés mon élection comme Maire (2004), j’ai recherché durant de longs mois, le bailleur social partageant nos priorités et pouvant nous accompagner. Avec cet objectif, j’ai rencontré beaucoup d’acteurs de l’habitat social, visité plusieurs sites, que ce soit en Seine et Marne ou non, et pas mal échangé avec des locataires et des élus.

C’est ainsi que nous nous sommes rapprochés des Foyers de Seine et Marne dont le positionnement volontariste sur l’éco construction et les performances énergétiques, (il en sont un des pionniers), le sens de l’innovation, environnementale et surtout sociale (dimension humaine des réalisations, publics cibles …), la culture d’entreprise correspondaient à la politique que nous voulions initier sur Trilport.
Autre argument de poids, le travail conjoint sur les dossiers d’attribution, mené très en amont qui nous permet de les préparer et de réussir à attribuer à peu prés la moitié des logements à des familles Trilportaises dans le respect des priorités préfectorales ou du 1%.

C’est aujourd’hui 42 logements qui ont été livré, 41 logements en cours de réalisation (soit un total de 83) sur 5 opérations situées à des endroits différents de la ville, pour 4 d’entre elles, en Centre Ville à moins de 5 minutes de la gare (la plus importante faisant 17 logements) et deux projets à l’étude.

Dans chaque réalisation, FSM adapte 2 logements sur 10 au public senior ou doté d’un handicap. Nous agissons pour anticiper les conséquences du vieillissement progressif du pays et proposer à nos seniors des solutions leur permettant de poursuivre leur vie dans leur ville.
Rappelons qu’en 2050, prés d’un tiers des habitants auront plus de 60 ans (contre 20 % en 2005) et les 75 ans et plus passeront de 8% en 2000 à plus de 15% en 2050. Cet allongement de l’espérance de vie est une bonne nouvelle, mais nous impose de penser autrement la ville et les relations inter générationnelles en favorisant le prolongement de l’autonomie résidentielle.

C’est l’objet du label Habitat Seniors services que nous développons avec FSM.

 

 

Ou en sommes nous vis à vis de la loi SRU ?

AU 1er janvier 2016, nous devions construire 246 logements sociaux afin d’atteindre 20% (43 logements sont actuellement en constructions), nous atteignons à peu prés à 10%, avant le lancement de l’éco quartier de l’Ancre de lune.
Le contrat triennal de construction 2014 / 2016 fixe à la commune un total de 67 Permis de Construire à accorder avant le 31 décembre 2016. Notre programmation est établie, la plus grande majorité de cet objectif devant venir, enfin, de l’éco quartier.

Je profite de ce billet, pour souligner l’importance du partenariat noué depuis 2009 avec l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France. Ses collaboratrices et collaborateurs effectuent sur Trilport un véritable travail de dentelle urbaine, respectueux de nos priorités comme des spécificités du territoire, notamment concernant la question de la densité, qui nous permet de mener sereinement, une véritable réflexion urbaine sur la ville, articulé non sur l’immédiateté mais le moyen terme et de garantir ainsi au mieux l’intérêt général.

 

 

 

Notes du blog relatives à cette question sensible

Beaucoup de billets du blog, traite du logement et de l’urbanisme, voici les liens menant aux différents articles écrits ces dernières années relatifs à des questions littéralement essentielles pour un élu de Petite Ville …

 

Pour que le 115 ne soit plus aphone

 

Elle était à l’écoute du bien être des gens

 

De la ville durable au Territoire Durable

 

Le Grand Paris a t’il besoin d’espaces ouverts

 

 Vous avez dit Habitat Seniors Services ?

 

Grand Paris, l’intensité urbaine à l’ordre du jour

 

Conversations urbaines autour du (très) Grand Paris

 

Contrat de Mixité Sociale, où en est on ?

 

SRU, enfin du contractuel

 

SRU, la réponse du cancre

 

De la Zone 2 à la Zone 1 …

 

Loi SRU, où en est Trilport ?

 

SRU, trop c’est trop …

 

SRU, comment je suis devenu un Maire « hors la loi »

 

 

 

 

 

 

 

Pour que le 115 ne soit plus aphone

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La publication du rapport annuel de la Fondation de l’Abbé Pierre est l’occasion chaque année de faire le point sur la situation du logement dans notre pays. Ce document exhaustif est désormais la référence sur cette problématique essentielle située à la confluence de beaucoup des fléaux qui touchent notre société. Son édition 2016 (21eme du nom) bénéficie des données de l’enquête INSEE sur le logement qui démontrent l’aggravation d’une situation impactant de plus en plus de personnes vulnérables, dont les sans domicile fixes.
Rappelons que si deux millions de personnes attendent toujours l’attribution d’un logement social, notre pays ne parvient toujours pas à héberger plus de la moitié des sans abris, dont le nombre a quasiment doublé en dix ans pour la seule Ile-de-France (+ de 85 % de 2001 à 2011). Une nouvelle tendance inquiétante se confirme, de plus en plus de familles avec enfants sont concernées et se retrouvent sans logis.

La question des réfugiés a donné lieu à une mobilisation tout à fait exceptionnelle (cf billet précédent), qui a permis d’explorer et de découvrir de nouvelles pistes, dont certaines tout à fait appropriées à l’accueil des personnes sans domicile fixe.
La récupération et l’exploitation politique qu’en a fait un parti comme le Front National, que j’ai vécu en direct lors d’un débat en Conseil Communautaire avec une de leurs élues, laisse pantois. Les représentants de ce mouvement idéologique qui ne s’étaient jamais préoccupés jusque là du sort des exclus, bien au contraire, dénoncent désormais, la « concurrence » entre sans-abri français et réfugiés étrangers et « l’abandon » des SDF de souche au profit de clandestins. La ficelle est un peu grosse …
Plutôt qu’une récupération politicienne indigne et pour tout dire assez minable, la question des SDF exige des réponses concrètes et urgentes, tant le système actuel apparait totalement à bout de souffle : centres d’appel saturés, lieux d’hébergement débordés, seulement une personne sur deux qui appelle le 115 se voit offrir une solution pour la nuit, mais également des conditions d’hébergement très préoccupantes, voir indignes et sans aucun traitement social de fond à la clé.

Il faut arrêter le bricolage social, repenser de manière globale notre politique d’accueil, la refonder, tant il est indispensable de donner à ses familles très fragilisées la possibilité de rebondir et leur permettre effectivement et réellement de sortir de ce qui est devenue une spirale infernale, afin de pouvoir s’intégrer dans la société.

Pour cela un seul impératif, assumer de faire de la question de l’hébergement des sans abris, une véritable priorité, en y apportant des réponses structurelles sur le court, le moyen et le long terme.

 

C’est ce que ce billet vous propose d’explorer, en commençant par un état des lieux quelque peu décapant, qui n’est que le reflet d’une triste réalité.

 

 

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En matière d’hébergement d’urgence, aujourd’hui, c’est le court terme qui s’impose, avec le recours quasi systématique à l’hôtel, tant les 40 000 places des structures d’urgence (centres d’hébergement et d’insertion sociale) gérées par les associations humanitaires et sociale, ne peuvent plus répondre à la demande et ne sont pas non plus adaptées le plus souvent à accueillir des familles, de plus en plus nombreuses dans la rue (couples, mères célibataires avec enfants…).
Ce contexte a amené les acteurs sociaux à recourir à l’hôtel. Ce sont désormais 40 000 chambres qui sont louées chaque nuit pour un coût annuel de 400 millions d’euros;  solution comparée par les travailleurs sociaux à une véritable «drogue dure». Pourquoi ?

  • Réserver des chambres est beaucoup plus facile et rapide que de construire des centres, l’offre immédiatement disponible et souple permet de se d’adapter à la demande, mais inconvénient majeur, cette solution empêche de fait, tout travail social de fond, car l’hébergement hôtelier est par définition provisoire, précaire et réversible.
  • Quand à l’économie réalisée si elle semble évidente, pas d’investissements (aucune structure à créer), peu de masse salariale, elle n’est qu’apparence. Si le coût de 17 euros par nuit et par personne semble raisonnable pour une chambre d’hôtel (notamment à Paris), soulignons que la majorité de ces chambres se trouvent en banlieue, souvent en grande couronne, et que la véritable facture s’élève plutôt à 17 euros multipliés par 2,3 ou 4 (si familles) par nuitée, soit 50 euros voire plus. Nous ne sommes pas dans le cadre d’hébergements ponctuels, mais avec des durées de plusieurs mois (parfois même des années) ; chaque chambre rapporte à l’hôtelier prés de 1500 euros / mois. Voilà pour l’économie.

 

L’ile de France qui est une des régions les plus touristiques au monde, héberge 35 000 personnes sans domicile dans plus de 530 hôtels (soit 15 % de l’offre hôtelière régionale).
Le seul Samu social de Paris loue des chambres dans 78 hôtels de diverses chaînes (Formule 1, Campanile, Première Classe, Balladins…), ce qui représente une dépense annuelle de 180 millions d’euros (totalement financée par l’état) sur les 212 millions de son budget.
En matière de logement d’urgence, les hôtels ont le vent en poupe : 2 500 nuitées en 2005, 14 fois plus aujourd’hui. Le SAMU social a même créé depuis 2007, un « Pôle d’Hébergement et de Réservation Hôtelière » qui gére en temps réel les demandes du 115, et trouve chaque nuit les chambres d’hôtels nécessaires, tant l’offre varie selon chaque chaîne, les périodes de l’année ou évènements du calendrier, au regard de l’attractivité de certaines infrastructures (dont le Stade de France).

Conséquence indirecte et inattendue, ce mode de gestion plonge beaucoup de petites communes, notamment seine et marnaises, dans la détresse et la difficulté.
Certains des hôtels affrétés par le 115, sont implantés pour des raisons économiques (prix du foncier, taxes locales…) dans des petites villes ne disposant d’aucune logistique ou infrastructures adaptées et se retrouvant dans l’incapacité d’agir auprès de familles en difficulté, dont une grande majorité ne parle pas notre langue. Ces municipalités, se retrouvent, totalement désemparées et abandonnées, dans des situations impossibles à gérer, n’ayant ni les services nécessaires, ni les structures adéquates, que ce soit au niveau de la scolarisation des enfants, l’accueil et le suivi de familles vivant dans des conditions souvent inacceptables au niveau sanitaire ou de l’hygiène, ces hôtels n’étant pas aménagés pour ce type de public.

 

Les familles hébergées sont le plus souvent plongées dans des situations administratives difficiles, voir inextricables, loin de tout, autant dire que le contexte ne les place pas dans les meilleures conditions pour rebondir, que ce soit dans les démarches à accomplir, l’accompagnement social des familles, la recherche de travail, la scolarité des enfants…

Nous voilà confrontés à un véritable cercle vicieux qui alimente une filière économique, quelquefois même parallèle. Constat implacable, beaucoup de ces «hôtels sociaux» ne fonctionnent que grâce au 115, proposant des conditions d’accueil dans certains cas dignes des livres de Zola, prosmicuité souvent limite, conditions d’hygiènes notamment pour l’accueil d’enfants déplorables, localisations lointaines, autant de paramètres qui aggravent les drames humains, sur les mobilités, l’emploi, la scolarité, le suivi médical et sanitaire, l’encadrement et le travail social. Une politique d’hébergement qui fait vivre de véritables marchands de sommeil, investissant dans des « appartements » dédiés au logement social, des propriétaires de camping, mais aussi, encore plus incroyable, des intermédiaires dont l’activité principale est de trouver des chambres pour le compte des opérateurs sociaux institutionnels (le SAMU de Paris achetant environ 45% de son « offre hôtelière » via des réservataires), tout cela aux frais de l’Etat.

Conséquence évidente : les familles hébergées à l’hôtel ont le plus grand mal à reprendre une vie autonome, construire après tant d’années d’assistanat un parcours social, régulé, équilibré, stable, d’autant que trop souvent aucun accompagnement de fond n’a pu être effectué.

 

Quelles solutions pour sortir de cette spirale infernale ?

Le système actuel d’hébergement d’urgence produit trop de misère sociale. Il faut lui substituer une nouvelle architecture basée sur un principe central : lier le toit à l’accompagnement social, mais aussi à un contexte local favorisant le développement d’une forme de résilience.
Ce contexte doit proposer des lieux, un tissu urbain, des acteurs locaux en capacité de porter un véritable parcours destinée à inclure les exclus, à leur enseigner notre langue, à protéger et éduquer les enfants, à faire bénéficier les familles d’un encadrement médical sanitaire minimum, afin de les sortir de leur précarité, et de réduire progressivement les freins à l’adaptabilité à notre société.

Il faut changer à la fois de logique et de système, ce qui demandera du temps, assumer le fait de construire un réseau de Centre d’Accueil et de structures relais différentes et complémentaires, pouvant proposer des solutions adaptées aux différentes familles. L’hébergement hôtelier, doit rester seulement ce qu’il aurait du toujours être, une simple variable d’ajustement éphémère à la marge, et non un des piliers du système.

L’organisation mise en place pour l’accueil des réfugiés, recèle de vraies pistes de réflexion, n’y manque que l’essentiel, le lien humain. Nous avons la chance, en France de bénéficier d’associations humanitaires de qualité qui peuvent être autant d’opérateurs. S’il faut effectivement construire et bâtir, le territoire national dispose de locaux scolaires, maisons de retraite, foyers de jeunes travailleurs ou d’apprentis, sous-utilisés, et même de logements HLM vacants dans certains villes petites et moyennes que les bailleurs sociaux envisagent de détruire (au rythme de 9 000 à 16 000 appartements par an, parce inutile).

 

Il est grand temps de tout mettre à plat et de changer littéralement la donne, il ne s’agit plus ici de charité ou d’assistanat mais bien d’organiser le Service Aprés Vente d’une société qui produit de plus en plus d’exclus du système, d’apporter enfin des réponses dignes, humaines, respectueuses des femmes et des hommes, soucieuses du devenir des enfants et plus que tout efficace, mais plus que tout enfin efficaces, permettant aux accidentés de la vie de rebondir.

 

 

 

Annexes

Factuel

D’après l’enquête INSEE logement 2013, 5,1 millions de personnes ont connu au moins un épisode sans logement dans leur vie. Plus de 2 millions ont déclaré avoir eu une absence de logements pendant au moins un an et 440 000 pendant plus de 5 ans.

Hébergement institutionnel : 800 000 y ont eu recours à un moment de leurs parcours de vie. En dernier recours, des lieux non prévus pour l’habitation sont sollicités : 340 000 personnes ont déclaré y avoir vécu dans leur vie.

Pour l’INSEE est sans abri toute personne qui ne dispose pas d’un lieur couvert pour se protéger des intempérieset dort soit à l’extérieur, soit dans un lieu non prévu pour l’habitation.

 

Les résultats du rapport annuel 115 pour 2014 de la FNARS sont sur la même longueur d’onde. Durant l’année 2014, 97 600 personnes ont appelé le 115 dans l’espoir d’être hébergées dans une structure sociale. Si les hommes seuls restent les principaux demandeurs, la FNARS observe une sollicitation croissante des familles avec enfants (+16 % depuis 2012, les familles représentant 39 % des appels en 2014), des femmes seules (+12% depuis 2012) et des travailleurs pauvres (10% des appelants déclarent avoir un emploi). La précarité des enfants s’intensifie également avec plus de 20 600 mineurs dont les parents ont appelé le 115 cette année, ce phénomène est en hausse : +18% entre 2012 et 2014.

Le recours au numéro d’urgence est en progression ces deux dernières années, avec une hausse de 4% du nombre de personnes qui demandent un hébergement d’urgence, sur les 37 départements du baromètre de la FNARS.

Le rapport annuel 2014 montre une nouvelle fois que le droit à l’hébergement d’urgence pour toute personne en détresse sociale reste en grande partie inappliqué faute de places suffisantes : 48 000 personnes ont eu une réponse négative à chacun de leur appel au 115.

La hausse du nombre de places, surtout en hôtels (+78%) n’a pas pu compenser la hausse des demandes. L’absence d’offres d’hébergement suffisantes éloigne le numéro d’urgence de ses missions premières et génère l’épuisement et le non-recours des personnes, tout comme une perte de sens et une frustration des professionnels.

La FNARS a réalisé une enquête auprès des 115/SIAO de 18 départements entre le 15 décembre 2015 et le 10 janvier 2016 pour proposer un état des lieux de la situation de l’hébergement et du logement des personnes sans-abri et mal-logées.

Les 3/4 des places créées l’ont été en hôtel (6 450 places), contre 2 250 places supplémentaires en centres d’hébergement d’urgence ou en hébergement d’urgence dans le logement.

Les places d’hôtel supplémentaires ont été ouvertes, en volume, essentiellement à Paris et en Seine-Saint- Denis (à 84 %).

L’augmentation du recours hôtelier concerne cependant plus largement d’autres départements. Ainsi, le volume de places d’hôtel a augmenté de 50 % à plus de 90 % dans quatre départements (Haute-Garonne, Loire-Atlantique, Gironde et Rhône).

Dans les départements enquêtés, les places d’hôtels représentent 60 % du parc d’hébergement d’urgence. Dans neuf départements, l’hôtel est résiduel et représente moins de 25 % des places. Dans cinq départements, il représente entre 26 et 60 % du parc (33, 37, 44, 68, 95), et dans deux départements plus de 75 % (75, 93).

Dix départements sur les 18 déclarent que leur territoire s’est engagé dans le plan de résorption des nuitées hôtelières, annoncé par le gouvernement en février 2015. Pour les départements franciliens, l’objectif poursuivi est celui de la baisse du flux du recours à l’hôtel, soit une réduction de l’augmentation. Pour les autres, l’objectif est celui d’une baisse du stock – soit une diminution des nuitées hôtelières avec la mobilisation parallèle d’alternatives en hébergement ou en intermédiation locative. »

 

Liens

L’hôtellerie sociale : un nouveau marché de la misère ? Le cas de l’Île-de-France [Erwan Le Méner / Politiques sociales et familiales Année 2013 Volume 114 Numéro 1 / Lien 

France Inter : « Hébergement d’urgence : la spirale infernale » /’émission du vendredi 15 janvier 2016 / Lien

FNARS / Rapport annuel 115 pour l’année 2014 / Lien 

 

et bien sur

Fondation de l’Abbé Pierre : 21 eme Rapport sur l’Etat du mal logement / Lien