Dystopie …

FRANCK FIFE / AFP : rue de Rivoli

Les élections municipales semblent à des années lumière, mission accomplie : réélection à la clé, mais nous n’y reviendrons que d’ici quelques semaines, tant l’actualité du moment est liée au coronavirus et à ses conséquences.
Depuis , nous vivons un véritable épisode de « Black Mirror », série dystopique dont le titre fait référence aux écrans numériques omniprésents dans notre vie quotidienne comme autant de fenêtres ouvertes vers une société virtuelle globalisée en mode autocentrée et intrusif. Eteints, ils se transforment en miroirs noirs qui nous renvoient des reflets désincarnés, sans vie, soulignent notre addiction collective aux inter relations, révèlant également les failles de nos vides intérieurs.
Tout semble identique, pourtant tout est différent. Nous sommes littéralement en « dystopie », mot « so british » emprunté à l’anglais dystopia, constitué à partir du préfixe grec dys– (indiquant une anomalie) et topos (le lieu). Situation insolite et particulière qui affole la toile mondiale et suscite des commentaires à la pelle.

Sur le terrain, depuis le début de cette séquence, les Maires gèrent une situation rendue d’autant délicate du fait d’injonctions contradictoires descendant du sommet, et doivent adapter au plus vite les services municipaux au confinement et mesures à prendre face au Covid 19 : maintien indispensable du lien avec les plus fragiles, poursuite des missions de la collectivité, logistique quotidienne à déployer, confinement à assurer …
Nos communes, en première ligne et mode perturbé se doivent de maintenir les services indispensables à la vie quotidienne des citoyens, j’y reviendrais dans un prochain billet, tant cette séquence est riche en enseignements concrets.

En quatre jours, nous avons commencé par ne plus nous serrer la main, voté avec des gants, peiné à faire de « gestes barrières » des automatismes, pour nous retrouver aujourd’hui confinés entre quatre murs.
Tout c’est accéléré depuis le jeudi 12 mars date à laquelle Emmanuel Macron devant « la plus grande crise sanitaire depuis un siècle » décide de fermer établissements scolaires et universités en fait appel au bon sens des français.
Ces derniers, insouciants face à ce qu’ils prennent encore pour une mauvaise grippe ne changent pas pour autant leurs habitudes sociales. Réaction collective qui amène le samedi 14 mars le 1er Ministre à annoncer la fermeture des restaurants et bars à compter de minuit. Le lendemain les français pourtant votent, cherchez l’erreur.
A Trilport, comme dans tant d’autres villes, nous avons pris toutes les dispositions nécessaires et installer un parcours électeur sécurisé, dans lequel celui ci ne touche ni rideau, ni poignée, suit un fléchage aménagé, respecte les distances de sécurité approprié et se lave les mains avant de voter …
Lundi 16 mars, le Président déclenche le confinement immédiat. Game is over, nous changeons soudain de temps, de monde et d’univers, tous nos repères habituels s’auto détruisent par l’irruption d’un simple petit virus.

Certains ministres cathodiques dont l’humilité n’est pas la qualité première, l’ont joué solo, effectuant le tour des médias pour annoncer, surs de leur fait, que tout était prêt (mode Général de la Grande Guerre : « il ne manque pas un bouton de guêtre »), alors qu’ils étaient comme trop souvent en total décalage avec la réalité contrasté et complexe d’un terrain qu’à priori ils ne connaissent guère. A contrario, d’autres tel Olivier Véran parlent simplement et cash, avouant doutes et craintes, assumant ce qui doit l’être … Le devoir d’humilité devrait s’imposer à tous.
En situation de crise, le politique doit trancher entre avis souvent contradictoires, tenir compte de la maturité de l’opinion, de l’acceptabilité sociale, et choisir le bon timing, ni trop tôt, ni trop tard, en tenant compte d’un ensemble de paramètres : scientifiques, sociaux, économiques, politiques ou simplement logistiques …
D’autant qu’il convient de ne pas oublier d’intégrer la nature politique du contexte : liberté d’aller et venir et liberté individuelle diverge quelque peu selon les pays. La France n’est pas la Chine et d’ailleurs, le nombre de victimes évoqués ici là est il réellement fiable ?
Ni la médecine ni la politique ne sont des sciences exactes, cette séquence nous le démontre encore. Le devoir d’humilité s’impose à tous, aujourd’hui et demain.

« Une des grandes leçons de la crise: nous ne pouvons échapper à l’incertitude: nous sommes toujours dans l’incertitude du remède au virus, dans l’incertitude des développements et des conséquences de la crise. Une mission de l’éducation: enseigner à affronter l’incertitude. » Edgar Morin

D’autant que confinement et distanciation sociale ne sont pas ressentis par tous et partout de manière identique, nous devons tenir compte également de la différenciation de classe qui si l’on y prend garde peut s’apparenter à une nouvelle forme de lutte des classes.

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Déserts médicaux, réalité d’aujourd’hui ou de demain ?

The Sahara desert is the world’s largest hot desert.  Credit: Shutterstock

L’Association des Petites Villes de France, « Villes de France » (fédérant les villes dites « moyennes » jusqu’à 100 000 habitants) et la Mutuelle Nationale Territoriale, ont organisé un colloque consacré à la désertification médicale réunissant élus locaux, professionnels de santé, représentants de l’ARS et de mutuelles, Ministère de la Santé et la Fédération Hospitalière Française via son président, Frédéric Valletoux. Les échanges ont permis d’aborder beaucoup de sujets, tant sur la médecine de ville, que la situation des services d’urgence ou encore bien évidemment celle de l’hôpital.

L’accès aux soins constitue désormais une problématique majeure, de plus en plus anxiogène pour nos concitoyens, tant elle se transforme trop souvent en parcours du combattant du fait de la pénurie de professionnels de santé, conséquence, le nombre d’habitants sans médecin référent est en augmentation constante y compris dans les grandes villes. La fracture médicale rejoint les autres fractures du pays, qu’elles soient numériques ou sociales, qui contribuent d’autant à renforcer les inégalités entre les différents territoires de la République.
L’accès au soin est un des piliers, non seulement de l’aménagement du territoire mais également du pacte républicain. Si les élus actent certaines avancées dans le projet de loi relatif à « l’organisation et à la transformation du système de santé » (création des projets territoriaux de santé, suppression du numerus clausus, recours aux médecins adjoints …), la gravité de la situation exige des mesures d’une toute autre nature, l’urgence doit ici se conjuguer au présent. Aussi les élus regrettent l’absence de mesures de régulation, qui sans être coercitives permettraient d’agir contre les écarts de densité médicale entre territoires . Un débat direct s’est engagé avec les professionnels présents, notamment des internes, très opposés à l’idée même de régulation.
D’autres sujets ont été abordé : quid de la cartographie des hôpitaux de proximité, quels professionnels y travaillent, sur quel mode ? Comment établir des schémas territoriaux permettant d’éviter la concurrence entre maisons médicales quelquefois même de villes voisines se « piquant » des professionnels ?
Des pistes ont été esquissées : mutualisation et développement du travail par équipes pluridisciplinaire, hybridation des solutions mises en place en fonction du contexte local (médecins salariés ou libéraux), diminution de la charge de travail des médecins, certaines missions non « spécialisés » pouvant être effectuées par d’autres professionnels (infirmières en pratique avancée, pharmaciens …) afin de développer les complémentarités dans la chaîne de soins et d’utiliser au mieux les compétences de chacun ….

Quelles propositions émanent des associations d’élus ?

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Habitat #1 : « Aide toi, le ciel t’aidera »

L’Ile de France coté périurbain, lier les territoires et les hommes devient une urgence absolue

Nos villes se développent et Trilport n’échappe pas à cette tendance de fond. Dans le même temps nos concitoyens constatent au quotidien une dégradation continue de leurs conditions de transport, ce qui les amène à s’interroger sur le coté paradoxal d’une telle situation.
L’objet de ce billet, premier d’une série dédiée aux problématiques liées à l’habitat et à l’aménagement urbain est de répondre à ces interrogations légitimes.

De multiples raisons sont à l’origine de ce mouvement de fond démographique qui redessine le pays : le prix du foncier des centres villes des métropoles, l’envie de fuir un mode de vie trop urbain, mais également les conséquences de la loi Solidarité Renouvellement Urbain (ou SRU) votée en 2000 dont les deux principaux objectifs sont la lutte contre la ghettoïsation de certains quartiers et la diffusion de la mixité sociale dans tous les territoires.
Les violences urbaines de 2005, véritable électro choc, ont amèné les gouvernements successifs à durcir ses modalités d’application, notamment pour les villes concernées par le seuil minimum de logements sociaux exigé (20 puis 25% d’ici 2025).
Tenus pour responsables par l’Etat, les Maires, boucs émissaires bien pratiques, et toujours en première ligne se sont mis progressivement en ordre de marche afin de rattraper en quelques années plus de 40 ans d’inaction du pays en matière d’aménagement urbain. Ils ont du se familiariser avec le maquis réglementaire et administratif complexe et techno qui encadre le logement social, des procédures qui ne le sont pas moins, apprenant peu à peu à repèrer écueils, freins, et contraintes d’un exercice nouveau qu’il découvrait.
Placés sous la pression attentive et constant des services de l’Etat, les élus doivent compter avec deux dispositifs « incitatifs » et contraignants : une « pénalité » financière par logement social manquant et un objectif de construction à respecter tous les 3 ans. Dans le cas ou une ville n’atteint pas l’objectif fixé, elle est déclarée « sous carence », avec trois conséquences directes à la clé : le Droit de Préemption Urbain est transféré au Préfet, enfin le choix, la nature des opérations et celui des bailleurs dépend directement du Préfet.
En décodé, cela signifie que c’est le Préfet qui décide où et comment construire, choisit le bailleur et attribue les logements du contingent communal aux publics prioritaires du département ! Au final, les logements exigés seront tout de même réalisés, au plus vite, sans concertation ou projet urbain qualitatif ! Je laisse chacun juge de ce qu’il convient de faire …

Ce contexte m’a amené à adopter et faire mienne une « mantra » chère à Jean de La Fontaine illustre fabuliste s’il en est, « Aide toi, le ciel t’aidera ».

Comment s’aider soi même ?

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Pourquoi une Maison des familles ?

 

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L’inauguration du Lieu d’Accueil Enfants Parents (LEAP) du pôle Petite Enfance de la Villa Bia constitue une première illustration concrète de l’éco quartier de l’Ancre de lune. C’est dans le cadre de l’élaboration du volet social de ce beau projet qu’avait ete fléché comme piste de travail la Petite Enfance, domaine dans lequel la commune était jusque là, absente.

En partenariat avec les services départementaux, de la MSA et de la CAF, un diagnostic territorial a été réalisé. Il a permis, grâce à la concertation engagée (enquêtes, questionnaires, entretiens qualitatifs, rencontre avec tous les acteurs…) d’aborder globalement cette problématique, en partant du contexte local, et de définir une ligne stratégique dont la première étape a été la création du Relais d’Assistantes Maternelles (RAM), préfiguration de la future Maison de la Petite Enfance que nous voulions implanter au cœur du futur éco-quartier.
Dans l’attente du lancement effectif de ce dernier, la nouvelle structure a été  hébergée provisoirement dans les locaux de la villa Bia, rénovés pour l’occasion. Cette demeure bourgeoise, ancienne propriété de l’usine Kleber, avait été acquise il y a quelques années par la commune du fait de sa localisation centrale, de la beauté de son magnifique parc arboré et du potentiel du site même de la Villa Bia.

Autre atout, et non des moindres, la qualité de l’animatrice du RAM qui a su, dès son arrivée, habiter les lieux, créer une ambiance positive et bienveillante, ce qui a constitué un élément clé dans l’appropriation du site tant par les familles que par les professionnelles, au point que l’implantation de provisoire est devenue définitive.

Le RAM a été une étape décisive au regard de son utilité pour les familles désormais soutenues et accompagnées dans leur recherches de modes de garde, leur rôle d’employeur (contrat de travail, démarches administratives …), et les professionnelles qui ont créé autour de la vie de cette structure une véritable communauté, notamment lors des ateliers proposés et des échanges partagés.
Parmi les animations proposées, une est devenue emblématique, et ce bien au delà de Trilport, il s’agit de « Parlons d’Enfance ».
Ce rendez-vous annuel propose sur une semaine des spectacles, conférences, ateliers thématiques, dédiées aux problématiques liées à l’enfance et à la petite enfance (2014 : le rythme de l’enfant ; 2015 : les petits se réveillent et s’éveillent; 2016 : Acquisitions, apprentissages et transmissions) …

Des remontées du terrain, tant des professionnelles, que des enseignants de maternelles ou de l’animatrice du RAM, confrontée au succès d’un accueil aux familles mis en place dans le cadre de ses activités, ont permis de révéler un besoin croissant d’écoute et de dialogue de parents, pour certains en grande difficulté.
Cette situation nous a amené à envisager la création d’un Lieu d’accueil Enfants Parents (LAEP), ouvert aux enfants de 0 à 6 ans, allant donc jusqu’aux élèves scolarisés. Un LAEP est un lieu où parents et enfants peuvent se poser, dialoguer en toute confiance pour partager expériences, doutes, angoisses, questionnements …
Véritable moment d’intimité et d’échange autour de la parentalité avec des professionnelles formées à l’écoute et faisant de la neutralité, de la confidentialité et de l’anonymat des impératifs absolus.

Le succès croissant du pôle Petite Enfance, l’harmonie se dégageant d’un site empreint d’une certaine magie, nous ont amené peu à peu à faire évoluer le projet initial, à voir plus grand, plus innovant également, et à travailler à la création du concept de « Maison des familles » :

  • En ayant pour ambition de replacer humanité et bienveillance au centre de la relation d’accueil sur toutes les questions relatives à la famille, au sens large,
  • en regroupant sur un seul site l’ensemble des services dédiés au lien social, pour toutes les générations, du premier au troisième âge.

La Maison de la Petite Enfance que nous envisagions au lancement de l’éco quartier, a laissé place depuis, à un projet plus global, destiné à favoriser l’inclusion sociale de tous, quel que soit les générations, une Maison au service des familles …

 

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Retrouver le fil de l’humanité

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Si la crise des migrants est emblématique, elle est révèlatrice des fractures profondes que traversent notre société.
Cette situation doit nous interpeller pour nous amener, au delà des belles déclarations de principe, à mettre en oeuvre des actions concrètes et adaptées, et travailler à élaborer des réponses plus globales.

Cette crise touche à des valeurs humanistes et républicaines essentielles, avec lesquelles il n’est pas possible de transiger, tant elles sont identitaires. Rappelons que la France, dans son ADN même, est une terre d’accueil dont le droit d’asile constitue un des fondements principaux. Notre pays s’est aussi construit depuis des siècles autour des vagues migratoires successives qui ont traversé son histoire.
Elle confronte également les élus locaux à la vision qu’ils ont et de leur action et de leur responsabilité. Médiateurs du quotidien et de la proximité, ils contribuent, en première ligne, à tisser les liens qui font société, qui favorisent cohésion sociale et « vivre ensemble »; encore faut il qu’ils soient considérés par l’Etat comme de véritables partenaires et associés à ce titre le plus en amont possible à un dialogue respectueux et constructif sur les meilleures conditions de mise en place d’une politique d’accueil locale.

S’il faut soutenir sans réserve le plan national d’accueil des refugiés et migrants initié par le gouvernement et la décision courageuse de démanteler la jungle de Calais comme tous les ghettos indignes qui subsistent encore sur notre territoire, un constat s’impose : assurer un traitement juste des conditions d’accueil et des demandes d’asile, nécessite de replacer l’humanité au cœur de notre démarche. Nous en sommes trés éloignés aujourd’hui, confrontés à l’urgence, souvent même à l’improvisation, ce contexte pré conditionne une approche technocratique et quantitative de problématiques complexes qui touchent à l’intime et au collectif.
Un accueil digne de populations fragilisées, nécessite pourtant sérénité, anticipation, prise en compte des priorités humaines et des réalités locales.

Nous ne pouvons plus désormais considérer les épisodes migratoires comme de simples accidents géo politiques ou des aléas de l’histoire, mais bien comme un processus continu qui ne s’arrêtera pas de si tôt, au regard de la multiplication des conflits régionaux et des conséquences dramatiques du changement climatique …

Autant de perspectives qui imposent de définir une stratégie autour de nos politiques d’accueil, un cadre d’action, la mise en place de véritables éco-systèmes, tant nous sommes confrontés avant tout à une problématique éminemment humaine, avec un objectif clair, aboutir à une inclusion sociale et territoriale épanouie.

Si rien ne change, c’est notre cohésion sociale même qui risque d’être déstabilisée par la moindre poussée migratoire, y compris modeste, tant ce phénomène, somme toute naturel, les migrations font partie de l’histoire de l’humanité, est exploitée sans vergogne, ni scrupule par la droite la plus extrême, utilisant la période d’incertitude collective que nous traversons comme un véritable terreau afin de susciter ou attiser les peurs et les fantasmes les plus éculés, en clivant, divisant, excluant au lieu de fédérer et d’unir.

C’est bien notre cohésion sociale qui aujourd’hui est en jeu …

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Habitat social, où en sommes nous ?

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L’opération des logements sociaux de FSM inaugurée rue de Montceaux cette semaine, me donne l’occasion de faire un point sur notre situation en ce domaine et le partenariat initié avec ce bailleur.

Je ne l’apprendrais pas aux lecteurs de ce blog, l’article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, impose à toute commune francilienne de plus de 1500 habitants d’avoir d’ici 2020, 20% de logements sociaux et 25% en 2025 (loi ALUR). Rappelons que si les décrets d’application de la loi SRU ne datent que de 2002, la pénurie de logements en France est une vieille histoire.
L’état demande aux élus en un ou deux mandats de réparer plus d’un demi siècle d’immobilisme sur une telle question ; or pour appréhender et maitriser les ressorts d’une problématique que chacun s’accorder à reconnaitre comme complexe, il est nécessaire d’acquérir un minimum d’expertise et de savoir faire dans des domaines aussi divers que le foncier, l’habitat ou l’urbanisme. Le but d’une mixité réussie étant d’offrir aux habitants les conditions d’un véritable épanouissement. Ce qui veut signifie que même pour un élu convaincu de l’intérêt de ce texte, comme je le suis, lancé une telle action, véritable politique publique, lexige un minimum de temps, notamment au début.
J’ai la conviction que s’il faut bien évidemment suivre à la lettre cette loi légitime, notamment répondre aux exigences quantitatives, il est également important d’en respecter l’esprit et de se fixer des priorités qualitatives ; ce qui est techniquement un peu plus compliqué à réaliser … Aussi, j’ai le sentiment d’avoir agit juste en faisant de la qualité de l’habitat, au sens global, une exigence préalable, et de tout avoir mis en œuvre pour y arriver.
Il est vrai qu’une autre démarche etait possible : préempter un terrain en périphérie de ville, y bâtir en nombre les locatifs sociaux manquants … Loin des yeux, loin du cœur … Méthode simple, rapide, apparemment moins couteuse, respectant les objectifs quantitatifs de la loi SRU, mais pour le moins court termiste.
J’assume de ne pas avoir été sur ce point exemplaire et d’avoir pris le temps de bien faire ; ce qui en son temps m’a valu des échanges pour le moins directs avec les représentants de l’Etat.

 

Quelques convictions tout d’abord.

Un Maire n’est pas l’élu d’une ville mais d’un territoire, ensemble complexe composé d’entités urbaines, agricoles et naturelles qui doivent dialoguer ensemble en bonne intelligence. Notre volonté est de préserver l’intégrité des espaces naturels et agricoles, afin qu’ils gardent toute leur potentialité, en prenant prendre le contre pied du modèle urbain dominant, celui de l’étalement urbain, basé sur le développement de la ville «longue distance», consommatrice de foncier, d’énergie, de pierre, de temps et grande dévoreuse d’espaces …

Depuis 2005 nous avons considérablement renforcé nos moyens d’action, acquis un réel savoir faire, initié un projet de développement durable du territoire (notamment avec l’éco quartier), réuni des partenaires indispensables, dont les services de l’état avec lesquels nous travaillons en toute transparence et l’Etablissement Public Foncier, qui déploie toute son expertise pour nous aider à construire du logement social ; et ce malgré les diverses difficultés rencontrées : foncières, financières, règlementaires, dont une spécifique à Trilport, un zonage absurde, inéquitable, illégitime pénalisant le montage de toute opération de création de logement sociaux. Nous agissons pour :

  • promouvoir un logement social de qualité, notamment en centre ville : afin de rapprocher les habitants des équipements publics, de développer les mobilités douces, afin de faire de Trilport une ville « courte distance ». Les appartements inaugurés sont lumineux, connectés à la fibre optique, dotés d’outils de suivi mobiles individuels …
  • diminuer les charges des locataires en participant à la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre (performances thermiques et isolation très performante), en privilégiant le plus possible les matériaux bio sourcés,
  • privilégier les opérations à taille humaine, l’éco construction, l’accessibilité, la signature architecturale du bâti et son intégration au site.
  • Développer une mixité multi générationnelle et sociale dans toute la ville, afin d’éviter ghettoïsation ou sentiment de déclassement et proposer également des solutions de logement adaptées tant aux séniors, qu’aux jeunes
  • Intégrer dans chaque opération les problématiques du stationnement, afin d’apporter des réponses non doctrinales mais bien concrètes

Mais au delà du rationnel, du technique, des données statistiques, je voudrais surtout et plus que tout parler d’humain, d’affect, de pathos, de désir. Trop peu d’acteurs s’en préoccupent, c’est pourtant essentiel.

Une feuille de route s’impose : rendre la ville durable, aimable et désirable, en travaillant sur la qualité des espaces, du bâti, des services de proximité mis en place … Vivre en ville, c’est avant tout habiter sa ville et même si possible être habiter par elle.

Il est grand temps de faire évoluer dans l’inconscient collectif les représentations liées à la ville, à l’épanouissement personnel, familial et collectif, en améliorant concrètement la qualité de vie, les aménités, l’intensité urbaine et placer l’humain et la préservation de la nature au centre de nos réflexions.

La ville est un tissu vivant qui doit se régénérer, se reconstruire sur lui même, mais être également en capacité de procurer de l’émotion et d’avoir une dimension évocative. S’il est nécessaire de développer une ville plus intense, elle doit dans le même temps être surtout, paradoxalement, plus humaine … C’est la vision que nous partageons avec nos partenaires.

 

Pourquoi avoir choisi FSM, et où en sommes nous vis à vis de la loi SRU ?

 

 

 

 

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Pourquoi FSM ?

Dés mon élection comme Maire (2004), j’ai recherché durant de longs mois, le bailleur social partageant nos priorités et pouvant nous accompagner. Avec cet objectif, j’ai rencontré beaucoup d’acteurs de l’habitat social, visité plusieurs sites, que ce soit en Seine et Marne ou non, et pas mal échangé avec des locataires et des élus.

C’est ainsi que nous nous sommes rapprochés des Foyers de Seine et Marne dont le positionnement volontariste sur l’éco construction et les performances énergétiques, (il en sont un des pionniers), le sens de l’innovation, environnementale et surtout sociale (dimension humaine des réalisations, publics cibles …), la culture d’entreprise correspondaient à la politique que nous voulions initier sur Trilport.
Autre argument de poids, le travail conjoint sur les dossiers d’attribution, mené très en amont qui nous permet de les préparer et de réussir à attribuer à peu prés la moitié des logements à des familles Trilportaises dans le respect des priorités préfectorales ou du 1%.

C’est aujourd’hui 42 logements qui ont été livré, 41 logements en cours de réalisation (soit un total de 83) sur 5 opérations situées à des endroits différents de la ville, pour 4 d’entre elles, en Centre Ville à moins de 5 minutes de la gare (la plus importante faisant 17 logements) et deux projets à l’étude.

Dans chaque réalisation, FSM adapte 2 logements sur 10 au public senior ou doté d’un handicap. Nous agissons pour anticiper les conséquences du vieillissement progressif du pays et proposer à nos seniors des solutions leur permettant de poursuivre leur vie dans leur ville.
Rappelons qu’en 2050, prés d’un tiers des habitants auront plus de 60 ans (contre 20 % en 2005) et les 75 ans et plus passeront de 8% en 2000 à plus de 15% en 2050. Cet allongement de l’espérance de vie est une bonne nouvelle, mais nous impose de penser autrement la ville et les relations inter générationnelles en favorisant le prolongement de l’autonomie résidentielle.

C’est l’objet du label Habitat Seniors services que nous développons avec FSM.

 

 

Ou en sommes nous vis à vis de la loi SRU ?

AU 1er janvier 2016, nous devions construire 246 logements sociaux afin d’atteindre 20% (43 logements sont actuellement en constructions), nous atteignons à peu prés à 10%, avant le lancement de l’éco quartier de l’Ancre de lune.
Le contrat triennal de construction 2014 / 2016 fixe à la commune un total de 67 Permis de Construire à accorder avant le 31 décembre 2016. Notre programmation est établie, la plus grande majorité de cet objectif devant venir, enfin, de l’éco quartier.

Je profite de ce billet, pour souligner l’importance du partenariat noué depuis 2009 avec l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France. Ses collaboratrices et collaborateurs effectuent sur Trilport un véritable travail de dentelle urbaine, respectueux de nos priorités comme des spécificités du territoire, notamment concernant la question de la densité, qui nous permet de mener sereinement, une véritable réflexion urbaine sur la ville, articulé non sur l’immédiateté mais le moyen terme et de garantir ainsi au mieux l’intérêt général.

 

 

 

Notes du blog relatives à cette question sensible

Beaucoup de billets du blog, traite du logement et de l’urbanisme, voici les liens menant aux différents articles écrits ces dernières années relatifs à des questions littéralement essentielles pour un élu de Petite Ville …

 

Pour que le 115 ne soit plus aphone

 

Elle était à l’écoute du bien être des gens

 

De la ville durable au Territoire Durable

 

Le Grand Paris a t’il besoin d’espaces ouverts

 

 Vous avez dit Habitat Seniors Services ?

 

Grand Paris, l’intensité urbaine à l’ordre du jour

 

Conversations urbaines autour du (très) Grand Paris

 

Contrat de Mixité Sociale, où en est on ?

 

SRU, enfin du contractuel

 

SRU, la réponse du cancre

 

De la Zone 2 à la Zone 1 …

 

Loi SRU, où en est Trilport ?

 

SRU, trop c’est trop …

 

SRU, comment je suis devenu un Maire « hors la loi »