Numérique éducatif : Quels enjeux partagés pour l’école du XXI eme siècle ?

« Les nations qui s’avancent à travers les siècles ont besoin d’une instruction qui, se renouvelant et se corrigeant sans cesse, suive la marche du temps, la prévienne quelquefois, et ne la contrarie jamais. » Condorcet

Le confinement nous a pris de cours et la crise sanitaire, « crash test » grandeur nature a révélé fragilités structurelles, retard des usages numérique, dépendances du pays, provoquant une prise de conscience collective intervenue dans une période rendue délicate du fait de la mutation en cours.
La planète devient réticulaire et digitale, transformation d’autant plus déstabilisatrice que ce mouvement s’accélère. La « création destructrice », pour reprendre l’expression d’Edgar Morin, déroule sa longue traine, globale, systémique, bouleversant vies intimes, relations sociales ou économiques, et modifiant sensiblement notre rapport aux autres, à la société, au temps …
Un nouveau monde émerge, ce qui influe inévitablement sur la transmission des savoirs ; véritable révolution copernicienne, le numérique induit l’émergence de nouveaux modèles pédagogiques comme le développement d’habiletés spécifiques. L’école ne peut se permettre d’être « hors sol » et « hors du temps » vis à vis du monde extérieur auquel elle est connectée, au propre comme au figuré.
Afin de tirer les enseignements de ces derniers mois, le Ministre de l’Éducation a initié « Les États Généraux du Numérique pour l’éducation ». J’ai rédigé au nom de l’Association des Petites Villes de France (ou APVF) une contribution qui rassemble certaines de nos propositions.
L’Éducation constitue une compétence régalienne de l’État, mais depuis les lois de décentralisation elle est aussi l’affaire des collectivités. La ligne de partage semble claire, chacun détenant sa part de compétences, cependant sur le terrain la réalité est beaucoup plus floue.
Il devient urgent de définir une feuille de route partagée, y compris au niveau le plus local, afin de clarifier les responsabilités de chaque acteur et d’agir en commun afin de préparer au mieux notre société à répondre aux défis du XXI âme siècle .
Le confinement a démontré l’urgence de développer les usages numériques pour combler notre retard et leurs incidences sur des enjeux sociétaux. Il a souligné également tout l’intérêt de mieux prendre en compte la dimension locale en privilégiant une démarche collaborative horizontale. Durant la crise sanitaire la réalité du terrain s’est effectivement imposée d’elle-même face aux « injonctions trop souvent contradictoires venues « d’en haut ». A certains le ministère de la parole pour reprendre l’expression de l’actuel Premier Ministre, à d’autres la première ligne.

Quelle feuille de route établir ? Quel rôle pour chaque acteur ? Autant de questions évoquées dans la suite de ce billet, en rappelant qu’en matière de numérique, plus que l’outil c’est l’usage qui importe.
Espérons que ces États Généraux soient enfin l’occasion de travailler ensemble à une feuille de route partagée, évolutive et plus que tout collaborative. ll nous paraissait utile que les Maires des Petites Villes soient non seulement présents dans ce débat citoyen, mais également forces de propositions.

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Après le confinement : « Aide toi, le ciel t’aidera »

Intervention au journal télévisé de TF1 sur la question de la reprise des écoles et des difficultés rencontrées

Nous avons vécu ces dernières semaines une parenthèse insolite qui a duré prés de deux mois, riche en enseignements : intimes, certains ayant eu l’opportunité d’un dialogue inédit avec eux mêmes ou plus collectifs, avec la place prise par des services publics comme l’hôpital et l’école, celle des « premiers de corvée » dans notre quotidien et l’impact des mesures gouvernementales liées notamment au soutien à l’emploi et à l’économie, y compris si certains, trop nombreux, ont eu la douleur de perdre leur emploi.
Cette crise sanitaire a également révélé les fragilités d’une société considérée jusque là comme invulnérable et accéléré un processus de décomposition avancée dont nous ne soupçonnions pas l’ampleur. «Le vieux monde se meurt » et un nouveau semble surgir soudainement, sans prévenir … « the times is out of joint » … attention aux dégâts, il y en aura et risquent d’être nombreux et douloureux.

Les spécialistes auront tout le temps de théoriser et débattre sur une expérience spatio temporelle aussi singulière qu’unique, véritable arrêt sur image dystopique. Les questions qui se posent à nous sont identifiées :
« le Monde d’après constituera t’il un nouveau départ, radicalement différent de celui d’avant (croissance, progrès, sens de la vie …) ?
Aurons nous l’intelligence collective de privilégier, valeurs et éthique , aurons nous la sagesse de remettre en cause ou perspective l’incidence de nos modes de vie sur la planète ?
Nous verrons bien … Un constat cependant qui s’impose à tous, l’homme pour l’homme, mais plus encore pour nos eco systèmes, est devenu au fil des millénaires le pire virus que la terre ait connu et le prouve toujours au quotidien.


A titre personnel, mon activité de Maire m’a fait toucher du doigt les lignes de fracture d’un modèle organisationnel à bout de souffle et, dans le même temps, apprécier le formidable potentiel humain d’une société qui n’en manque pas, constituant une véritable richesse et une promesse pour l’avenir.
Soyons cash, si l’État a fait preuve d’inertie, démontré sa pesanteur, ses contradictions, beaucoup de collectivités ont relevé le défi et agi utilement pour leurs administrés : initiant, animant, tissant réseaux de solidarité et fédérant des dynamiques solidaires citoyennes.
Depuis le début de cette séquence une avalanche d’injonctions contradictoires provenant du sommet d’un état pyramidal totalement déconnecté de sa base, le terrain, et perdant de vue la nécessité absolue d’agir vite et au plus près de nos territoires se sont succedées
Le manque d’anticipation, d’agilité ou de réactivité d’une administration quasiment « pétrifiée » dans l’attente d’une parole « libératrice  » venant « d’en haut », a été dommageable.
Situation rendue d’autant plus compliquée sur le terrain par des prises de paroles intempestives de ministres addicts aux sunlights médiatiques (le fameux quart d’heure Warholien) dévoilant à l’occasion une totale méconnaissance du terrain, de ses contraintes et de la nécessité, nous sommes tout de même en 2020, de privilégier un mode d’action réellement collaboratif. Contexte qui a incité nombre d’acteurs du terrain à appliquer avec bonheur une maxime chère à Jean de la Fontaine et bien connue de tous les élus de France « Aide toi, le ciel t’aidera » (Le chartier embourbé).

A bien des égards, cette crise sanitaire aura constitué un crash test qu’il faut savoir prendre comme tel, révélant nos failles organisationnelles, multiples, les limites d’un modèle technocratique pyramidal et sclérosé, aux lignes hiérarchiques venues d’un autre âge et de périmètres de compétences en mode silos isolés, multipliant comités « théodules », le tout aboutissant au bout du bout à une paralysie témoignant d’une véritable « stupidité fonctionnelle » inadaptée aux défis de la société complexe qui est désormais la notre.

Toutes celles et ceux qui durant ces journées se sont retrouvés en première ligne, avec une pensée particulière pour les personnels soignants, savent QUI durant ces journées à été à leurs côtés ou non, et QUI a agit utilement ou pas. Je n’oublie pas quand à moi l’aide de la Région Ile de France comme de celle du Département de Seine et Marne.

A Trilport nous sommes intervenus au cœur même de la fragilité, avec des moyens pourtant limités, grâce à une mobilisation collective et un état d’esprit qui nous ont permis d’initier des actions citoyennes solidaires répondant concrètement aux aléas et urgences successives.
Une énergie collective et des initiatives qui ont suscité une véritable curiosité médiatique qui m’a amené notamment à répondre a certaines sollicitations des journaux et chaînes de télés.

Nous avons ces dernières semaines expérimenté certaines pistes d’action reposant sur des concepts simples que je vous propose d’explorer, en m’excusant du prisme territorial qui est le mien, celui d’un élu local donc réducteur par nature.

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Apprendre en 2016 (1)

 

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« On ne connaît que les choses qu’on apprivoise. »
Antoine de Saint-Exupéry

 

Internet et les réseaux sociaux esquissent les contours d’une nouvelle société, dont les interactions sociales et la donnée (le data), constituent les principaux moteurs. Révolution copernicienne qui se déroule sous nos yeux et fait appel à de nouvelles aptitudes, que ce soit dans le monde du réel ou du virtuel, qu’il devient essentiel désormais de maitriser.

Edgar Morin désigne cette séquence comme une « métamorphose » qui provoque plus un processus de « création destructeur », que de « destruction créatrice » (Schumpeter), processus dont il convient de mesurer les effets …

Au cœur de cette mutation, les qualités relationnelles sont de plus en plus prisées et recherchées. Reconnues depuis des années dans les techniques de management et les sciences des ressources humaines, elles font l’objet d’un véritable renouveau, sous l’appellation anglo-saxonne de « soft skills », (« compétences douces »), opposé aux « hard skills » (compétences « dures » ou techniques). Des aptitudes abordées et enseignées depuis des années au Québec, dés la petite enfance, et désignées dans la Belle Province comme des « habiletés sociales », terminologie qui a toute ma préférence.  

Les habiletés sociales constituent un véritable bouquet de compétences, toutes liées par nature, et apportent à chacun « la capacité d’entrer en relation avec autrui, de s’entendre, de coopérer et d’interagir», contribuant ainsi à son épanouissement global comme à son inclusion sociale.
Leur maitrise permet d’appréhender et de maitriser les codes et savoirs qui régissent nos liens avec autrui et la société.

En France leur approche se cantonnait jusque là à des publics cibles en difficulté d’inclusion social. Elles se révèlent cependant particulièrement adaptées aux défis que notre société doit relever, car directement orientées vers les interactions humaines. Elles font appel à « l’intelligence émotionnelle », déterminante pour la réussite professionnelle ou l’épanouissement personnel de chacun.

Les besoins en compétences cognitives, verbales et interpersonnelles explosent littéralement aujourd’hui, une situation dont notre système de formation ne tient toujours pas compte concrètement, exception faite des grandes écoles. L’enseignement traditionnel demeure centré sur les compétences techniques, le plus souvent enseigné de manière disciplinaire, en silo, et n’aborde le champ des «habiletés sociales» qu’à la marge.
Cette situation constitue un véritable paradoxe, tant il est incontestable qu’au niveau professionnel, les habiletés sociales deviennent déterminantes, facilitatrice d’intégration et d’épanouissement, que ce soit au sein de l’entreprise ou dans la vie personnelle.

Considérés trop souvent comme des «traits de personnalité», les habiletés sociales, relatives au savoir vivre et au savoir être, n’étaient quasiment pas abordées, si ce n’est à l’école maternelle. L’institution considérant implicitement leur acquisition du ressort familial.
A la base de cette séparation des rôles, une répartition entre la famille chargée de l’éducation des enfants, et l’école, chargée de leur instruction. « L’éducation c’est la famille qui la donne, l’instruction c’est l’Etat qui la doit » (Victor Hugo).
Aujourd’hui la donne a bien changé, la société devient de plus en plus éclatée, fracturée, la cellule familiale y est malmenée, parfois disloquée, et n’est plus en capacité de transmettre de vrais repères de vie.

Ce contexte est aggravé par une école républicaine de plus en plus inéquitable ; ce constat brutal répond à une réalité statistique formelle, soulignée depuis plus de dix ans par toutes les études internationales successives.
Le système éducatif français est devenu un des plus inégalitaires de l’OCDE, certainement un de ceux où l’origine sociale des élèves influe le plus sur ses résultats scolaires et produit proportionnellement le plus grand nombre d’élèves en situation d’échec. Ce que tout défenseur de l’école républicaine ne peut accepter.

Dans les jeunes générations, les plus pénalisés sont tous ceux qui ne bénéficient pas d’un environnement familial propice et qui se retrouvent dés lors dans l’impossibilité d’acquérir les clés indispensables pour s’épanouir dans le monde d’aujourd’hui. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne portent pas en eux de telles habiletés. Elles font partie du “capital relationnel” dont chacun est doté à sa naissance et ne demandent qu’à être dévoilées et développées.
Cela devient un impératif, tant leur
 maitrise est devenue un marqueur sociétal qui compte dans l’insertion et la réussite professionnelle comme dans l’épanouissement personnel de chacun. 

Si la situation est grave, elle n’est pas désespérée …

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Education : « Toujours en mouvement est l’avenir »

 

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« Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre ;
qui l’ose réveiller peut s’en laisser surprendre ».
Pierre Corneille

 

Le monde est en mouvement, mouvement qui ne s’arrêtera pas de si tôt et devrait même s’accélérer dans les prochaines années. Paradoxalement notre système éducatif donne l’impression d’être comme à l’arrêt, pire en décalage ; si durant des années, il a répondu aux demandes d’un pays en pleine croissance : généralisation de l’accès à l’enseignement secondaire, multiplication du nombre d’étudiants dans le supérieur, diminution du «différentiel d’instruction» entre élèves selon leur origine sociale, ce modèle a vécu.
Le nombre de jeunes sans qualification et ne trouvant pas d’emploi est considérable, jamais l’école républicaine n’aura été aussi inégalitaire ; l’ascenseur social du pays  est bel et bien en panne. Dans le passé un jeune issu du système scolaire pouvait espérer trouver rapidement un métier pour la vie et progresser dans la même entreprise, autant de perspectives qui ont disparu.
Plus de 130 000 jeunes sortent sans solution chaque année, et 65% des élèves d’aujourd’hui exerceront demain un métier qui n’existe pas encore ! Encore leur faut-il trouver un emploi !

Si le système éducatif est le reflet de la société, force est de constater que le miroir est brisé, l’école nous renvoi toujours l’image du monde « monde d’avant ». Ses repères ne correspondent plus à une société ou l’horizontalité a supplanté la verticalité et dont les  fondations reposent de plus en plus sur des « nuages » ! Nous vivons une phase de transition entre deux mondes,  bouleversement qui se répercute sur l’enseignement, qui de masse devient quasi individualisé, privilégiant désormais un modèle plus qualitatif que quantitatif.
Si auparavant chaque élève devait s’adapter aux enseignements existants, c’est au système éducatif de s’adapter désormais. Pourtant ses structures sont toujours les mêmes !

L’école ne peut plus se permettre d’être « hors sol », devenu un véritable éco système, elle doit s’ouvrir au monde extérieur auquel elle est connectée, au propre comme au figuré.  La société émergente fait appel à des aptitudes particulières à maitriser que ce soit dans le monde réel ou virtuel d’Internet et des réeaux sociaux. Au cœur de cette mutation qui transforme en profondeur la planète, les qualités relationnelles prennent de plus en plus d’importance.

C’est un coup de colère froide, suite à une divergence de fond avec des acteurs institutionnels, perdus dans leurs certitudes, éloignées des contingences matérielles du terrain et de la réalité partagée des élèves et des professeurs, qui a déclenché cette réaction et m’a amené à proposer des pistes d’action.
Chef des travaux en Lycée Professionnel depuis des années, le décalage grandissant entre l’affichage politique, les exigences théoriques de l’institution, la déconnexion de responsables éducatifs et les besoins réels et concrets des élèves notamment des plus défavorisés comme le malaise grandissant de beaucoup trop d’enseignants, m’a conduit à mener une réflexion relative à l’acquisition des habiletés sociales et numériques. Travail qui s’est étoffé en cours de route, notamment autour des exigences et opportunités pédagogiques spécifiques induites par la société numérique.
Afin que chaque jeune formé (mais en ce domaine la jeunesse a t’elle des limites ?) soit en capacité de s’épanouir dans la société d’aujourd’hui comme de demain. 

Soulignons tout de même un paradoxe, et de taille. Si la raison d’être et l’utilité de l’Éducation Nationale est de former les jeunes générations, elle n’assure pas (n’assume pas ?), ou si peu, la formation continue de ses enseignants. Je ne veux pas abordons pas la question de la formation initiale, à priori inutile aux yeux des gouvernements successifs de l’ère Sarkozy.
Former les enseignants sur le fond, pas seulement sur la forme, est pourtant un passage obligé incontournable pour chaque pays afin qu’il s’adapte aux mutations de la société, de ses exigences, des besoins ressentis sur le terrain et surtout de l’attente légitime des français.
Faut il rappeler qu’une des missions majeures d’un enseignant est d’être transmetteur de repères, encore faudrait il que les siens puissent être réactualisés !

Aussi personne ne devrait s’étonner que beaucoup d’enseignants s’interrogent aujourd’hui sur le sens à donner à leur métier ?

Autant il n’est plus possible de s’affranchir de l’évolution de la société et de l’incidence évidente du numérique, d’internet et des réseaux sociaux sur les modes de pensée, autant l’enseignement ne doit pas renoncer à son ambition pédagogique première : former des citoyens éclairés disposant des capacités de discernement, de penser par eux-mêmes, dotés d’un esprit critique.
Encore devons nous tenir compte du changement de mode de pensée induit par l’émergence d’une société de plus en plus digitale.

Une grande part de la crise culturelle, intellectuelle, spirituelle et identitaire que notre société traverse, provient de la mutation en cours et des remises en cause successives qu’elle entraine, car comme le dit si bien Yoda  : « Toujours en mouvement est l’avenir »

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PISA, tous concernés !

doisneau_preview.jpgLa publication des résultats de l’étude PISA (Programme international de suivi des acquis des élèves) de l’OCDE a fait sensation, et tant mieux, l’éducation constitue pour tous les pays une priorité absolue.
C’est dire que les résultats de cette édition doivent nous interpeller tant ils sont lourds de signification, nous payons aujourd’hui la facture de 10 ans d’inaction en ce domaine, car il s’agit bien de la décennie 2002-2012, n’en déplaise à certains amnésiques !

Avant d’aller plus loin dans le commentaire, revenons sur ce qui est désormais LE LABEL scolaire mondial indiscutable et incontournable : l’étude PISA.
Des premiers balbutiements de 1962 à aujourd’hui, que de chemin parcouru  : 12 pays en 1962, 32 en 2000, 65 en 2013 et la Chine rejoindra ce club dés 2015. Si jusqu’aux années 2000, PISA a reçu son lot de critiques, notamment de France, cette évaluation s’est imposée du fait de la robustesse et de la rigueur de ses analyses. L’évaluation mesure non les programmes scolaires nationaux mais la capacité des jeunes de 15 à 16 ans à utiliser les connaissances et compétences scolaires acquises dans des situations concrètes de la vie quotidienne.

Tous les 3 ans, elle donne la température, passant au crible un socle de 3 disciplines considérées comme centrales : la maitrise de la langue, les maths et les sciences.
Point fort, elle permet les comparaisons internationales (510 000 jeunes issus de 65 pays ont participé à l’édition 2013), mais également rétrospectives. Il est ainsi possible de dégager les tendances qui font sens. En 13 ans l’OCDE a rendu la planète accro à son évaluation livrée clés en main aux politiques, médias, spécialistes de l’éducation, mais aussi de plus en plus au grand public dont de nombreux parents d’élèves ! Masochisme ? On peut se le demander parfois, tant les résultats peuvent être douloureux pour les gouvernements et que sa mise en œuvre coûte (plus de 500 000 euros à la France pour la dernière étude).

Ces résultats interpellent toute la société, et non uniquement les spécialistes « es éducation ». Outre sa mission de former des citoyens éclairées et instruits, un système éducatif doit leur donner également la capacité de trouver un emploi dans une économie de plus en plus compétitive et concurrentielle et celle de s’adapter aux évolutions à venir.
C’est dire que la problématique de l’échec scolaire est essentielle, elle ne concerne pas que les  élèves qui en sont victimes ou leurs familles, mais bien le pays tout entier avec des conséquences globales, qu’elles soient sociales ou économiques : perte de compétivité, marginalisation, cohésion sociale, chômage …

Dans la société planétaire de la connaissance, un pays comme la France ne peut se contenter d’être moyen, son développement futur dépend des capacités qu’auront ses habitants à innover, entreprendre, créer, découvrir…
Pourtant, de 2002 à 2012, non seulement les résultats de l’éducation à la française ont continué à se dégrader, mais les inégalités ont augmenté fortement, tel est le constat de l’enquête PISA 2013, il est clair, net mais surtout sévère et justifié.

Voyons de plus prés les résultats obtenus  et changer une donne bien mal engagée …

Il y a urgence …

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Michel Rousseau, in memoriam

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Michel Rousseau nous a quitté ce 3 aout 2012. Ce Proviseur de Lycée Professionnel passionné par son métier a attendu les vacances pour tirer sa révérence avec élégance, on ne change pas sa nature …
Il avait commencé sa carrière en 1980 comme Professeur d’Allemand au Lycée Charles Baudelaire,  et l’a terminé cet été comme Proviseur du même établissement, son Lycée de coeur.

Voici quelques mots, non pour atténuer notre peine, mais pour rappeler et saluer l’itinéraire d’un de ces anonymes qui sont la grandeur de l’Education Nationale, héritier légitime des hussards noirs qui à partir des écoles de quartier ou de province ont construit notre République. L’enseignement professionnel fait partie intégrante de cette grande et belle  histoire …

Son Lycée et l’institution lui ont rendu l’hommage qu’il méritait, en présence du Recteur de Créteil, William Marois, de la Directrice Départementale des Services de l’Education, de ses proches et de nombreux amis qui l’ont accompagné dans son itinéraire professionnel : Gué à Tresme, Thorigny et Meaux.

 

 

 

baudelaire.jpg« Michel a débuté ici, au sortir de l’école normale de Saint Denis dans laquelle ce Marseillais bon teint avait été admis aprés sa réussite au concours national. Il est passé de Marseille à Saint Denis et de Saint Denis à Meaux, sans perdre son accent   …

Il a commencé sa carrière, dans les plâtres, en septembre 1980, au Lycée Professionnel Charles Baudelaire de Meaux,  établissement flambant neuf, comme professeur d’Allemand. Il a permis à des générations d’élèves de CAP puis de BEP de s’imprégner de la langue de Goethe dans laquelle il excellait. J’ai le souvenir ému d’un de nos duos, moi à la guitare, lui au chant interprétant Lili Marlene, lors d’une des fêtes innombrables données au Lycée avec élèves et enseignants.

Il avait compris que pour avoir des élèves en allemand, il lui fallait travailler certaines capacités relationnelles et développer les aménités surprenantes de cette matière, derrière les langues, notamment étrangère et même l’allemand, il y a surtout et avant tout l’échange, de l’humanité, et plus simplement de l’humain … Dés son premier cours, il s’est investit pleinement dans son métier d’enseignant et d’éducateur, d’animateur mais au sens premier du mot, celui de «donner la vie», ou plutôt de la redonner, car Baudelaire est avant toute chose, un Lycée Professionnel.
Michel effectivement vivait, respirait, vibrait pour ce secteur de l’Education Nationale, trop souvent ignoré de beaucoup de nos décideurs et éloigné des sunlights de la renommée. Il était de ses hussards noirs de l’Enseignement, comme beaucoup d’entre nous. Notre mission, notre vocation plutôt, est de réparer, de redonner à des élèves sinistrés par les accidents ou les aléas de la vie, l’envie de se réconcilier avec eux mêmes, de se relever, pour mieux rebondir, et devenir ensuite des citoyens accomplis et de vrais professionnels, le plus incroyable est qu’on y arrive …

Il a été des professeurs qui ont contribué à créer, porter, développer « l’état d’esprit Baudelaire » qui résume si bien la particularité et la richesse de l’Enseignement Professionnel. Si beaucoup sont aujourd’hui à la retraite, prés du soleil et de la mer le plus souvent, ils sont singulièrement présents ici aujourd’hui avec nous … Ces passeurs ont réussit à transmettre ce qui faisait le sel de leur vie et de leur passion professionnelle à une nouvelle génération d’enseignants prometteuse, perpétuant, avec les mots d’aujourd’hui, les méthodes nouvelles que nous permettent les technologies de la communication, ces invariants et fondamentaux que sont l’humilité, la qualité d’écoute, le sens de l’équipe, la fraicheur, l’enthousiasme et surtout la confiance en la jeunesse.

Son choix de carrière comme personnel de direction était pour lui évident. Plutôt que surfer d’établissements en établissements … toujours plus gros, toujours plus loin, il a préféré creuser son sillon afin de voir les graines qu’il avait contribué à semer, l’enseignement est avant tout affaire d’équipe surtout en Lycée Professionnel, sortir de terre, puis pousser et grandir, avant de fleurir et de donner de beaux fruits riche de promesses.

Il était revenu dans son Lycée de cœur il y a trois ans, une nouvelle fois dans les plâtres, du fait d’une   rénovation lancée grâce à la Région, il a retrouvé alors un établissement qui avait gardé dans ses gènes et dans son cœur qui bat singulièrement aujourd’hui, la même ferveur, la même passion, les mêmes valeurs qui l’animait en 1980 …

Baudelaire est avant toute chose, un Lycée Professionnel, et notre mission, notre vocation plutôt, est de réparer, de redonner à des élèves sinistrés par les aléas et les accidents de la vie, tout simplement l’envie … »

 

Meaux, le 18 octobre 2012