2010 promet d’être coton

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La période des voeux a débuté .. Tradition républicaine s’il en est, mais également moment privilégié pour faire le point, esquisser la feuille de route de l’année à venir pour une collectivité, remercier et célébrer toutes les énergies qui permettent le « mieux vivre ensemble ».

Force est de constater, que plus que la crise cette année c’est le contexte national qui pèse, comme rarement … L’hallali des collectivités territoriales a t’il commencé ? Nul ne le sait encore … Mais le climat est quelque peu délétère, dans l’attente d’une  décision, venant d’ailleurs, tout en haut …

2009 laisse cependant comme un goût amer dans la bouche, la crise économique bouleverse nos repères. Entre les milliards d’euros des déficits présents ou à venir, les aides financières accordés aux banques et nos budgets, il y a pire qu’un décalage, un abîme …
Car pour la majorité d’entre nous, un euro reste un euro, toujours aussi difficile à gagner.

Si personne ne remet en cause l’action en faveur du système financier, il fallait intervenir, on ne peut que s’étonner de l’absence absolue de garanties exigées  : aucune … Il y a les mots et les actes …  La crise n’est pas encore terminée (cf l’excellent article de Michel Rocard) car aucune remise à plat réelle n’a été encore engagée, les mêmes causes produiront les mêmes effets, nous sommes toujours dans la nasse.

Aujourd’hui, citoyens et collectivités sont soumis à une triple peine : payer pour le sauvetage des banques, considérablement, subir de plein fouet la baisse des dépenses publiques et sociales, voir leurs dépenses d’investissement même essentielles remises en cause. Car la tentation sera grande pour certains politiques de faire régler aux seuls ménages et collectivités l’addition !

Trois enseignements sont à mes yeux, à retenir de cette séquence :

  • La nécessité absolue de réguler le système financier. Il a plus que besoin de gouvernance publique et de régulation vu les risques inconsidérées et irresponsables pris par une minorité avec l’argent des autres … Force est de constater qu’aujourd’hui,  rien n’a changé !
  • Souligner le rôle joué par notre système de protection sociale qui a permis à la France de mieux amortir la crise. Certes il est à ajuster, à améliorer, mais ses fondements sont à préserver, à des années lumière du bouclier fiscal. Il en va de notre cohésion sociale, élément indissociable de notre patrimoine national, je n’ai surtout pas parlé d’identité laissant cette notion aux démiurges ou aux spécialistes,
  • Constater la fragilité du monde réel et la nécessité de privilégier un des axes fondateurs du Développement Durable, le principe de responsabilité. Une notion globale qui dépasse le simple cadre économique, intégrant le moyen et le long terme, et ce jusqu’à la survie de notre planète …

Il est savoureux de constater sur ces différents points la conversion de certains de nos politiques qui revêtent aujourd’hui devant les sunlights des médias planétaires, la tunique de l’évangélisateur lavant plus blanc que blanc … de quoi les rendre en théorie un peu plus humbles, quoique …

Force est de constater pourtant que malheureusement, cette conversion n’est qu’apparente. …

 

 

 

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Rappelons en ces périodes de crise que les collectivités locales ont assuré prés de 80% de l’investissement public. Si je prends l’exemple de ma commune, outre les dépenses habituelles, avec les travaux du gymnase (2 millions d’euros HT) elle  a participé  à cet effort, capital pour le maintien de l’économie et la sauvegarde de l’emploi, en faisant travailler sur ce chantier durant de long mois plus de treize entreprises. Chantier que nous n’aurions d’ailleurs pu lancé sans l’aide de la Région et du Département (prés de 60% de subventions au total).

Hormis ces dépenses d’investissement, les collectivités au quotidien sont en première ligne pour limiter la casse et aider nos concitoyens. C’est véritablement d’un  bouclier social dont ils ont besoin !

Autant dire que, je réfute ce mauvais procès fait aux élus locaux … A en croire Nicolas Sarkozy, ils seraient  trop nombreux, peu efficaces et onéreux pour l’économie nationale … Bonjour la démagogie !
Je conçois que certains soient nostalgiques d’une France médiévale ou napoléonienne (cf la création du Conseiller Territorial), moi pas. Des pistes d’économies à réaliser existent pourtant, au delà des niches fiscales et du bouclier fiscal réservées aux « happy few », notamment au sommet de l’exécutif, beaucoup plus critique sur les dépenses des autres que sur les siennes; notamment sur les dépenses de communication de l’Elysée (7,5 millions € à en croire le Parisien).

Mon propos n’est surtout pas de dire que rien n’est à changer ou que la Taxe Professionnelle est couverte de vertus. Il est au contraire urgent de clarifier les compétences entre structures, d’améliorer l’articulation territoriale et surtout de remettre à plat une fiscalité locale qui n’est plus adapté et inéquitable encore faut il privilégier méthode, sérénité et concertation.
L’obsession de l’effet d’annonce et de la prise de décision sans débat, au forceps, en cherchant des boucs émissaires, véritable  marque de fabrique de ce gouvernement laisse peu à peu des traces durables et a montré ses limites.

Il en va désormais de notre modèle social, partie intégrante de notre identité nationale (juste histoire de dire), autant dire que dans les semaines à venir, nous serons vigilant, car je crains fort qu’après les régionales, le couperet ne tombe : déficit à combler, retraites, santé publique, les mois qui vont suivre risquent de devenir difficiles …

2010 sera une année déterminante pour les collectivités et pour le maintien de notre modèle social … J’espère que le dialogue, la sérénité et le bon sens prévaudront, c’est l’heure des voeux, non ?

Après également, ce qu’il faut bien appeler l’échec de Copenhague, nous ne sommes pas encore « Dans le Monde d’après », plus que jamais, notre responsabilité sera grande. Du coup, la citation extraite du discours d’Albert Camus, en 1957,  lors de la remise de son Nobel, prend un aspect  prémonitoire …

 

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde … La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas.

Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. « 

 

 

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