Et le Web 3.0 fut …

 

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A la fin des années 1980, T. Berners-Lee, ingénieur anglais travaillant au Cern, eu l’idée géniale d’associer différents ordinateurs disséminés dans le monde via le réseau Internet en utilisant des liens hypertextes. Innovation qui a radicalement transformé un simple réseau en un immense livre ouvert, constitué de milliards de pages reliées les unes aux autres par un simple clic de souris … Au bout du clic, la plage !

En 2004 O’reilly créé l’expression de Web 2.0 associant à internet l’idée d’un web  collaboratif et participatif : Wikipedia, Youtube, Flickr, Dailymotion en sont des principales réussites.
Évolution majeure, qui nous accompagne depuis. Elle vit actuellement une nouvelle transformation, qui nous permettra d’échapper au vertige informationnel, en retrouvant dans ce monde virtuel constitué de milliards de données entremêlés l’information utile comme de nouvelles perspectives …

Internet a pris une telle place dans nos vies, que beaucoup craignent désormais plus une coupure du réseau que d’eau ou d’électricité. Ce qui a été constaté lors de la panne de France télécom, comme par les demandes en très haut débit qui se multiplient dans nos villes.
Le paradoxe est que cette révolution bouleverse le monde et tous nso repères avec un vocabulaire et des mots simples et concrets, que comprendraient presque nos grands parents :  ouvrir sa boîte aux lettres, relever son courrier, envoyer des messages, posséder une adresse élecronique, visiter des sites … Des mots qui sont autant de métaphores et constituent en fait l’unique moyen de donner sens à des concepts sans réalité tangible.
Ramener Internet à un simple rôle fonctionnel correspond à une phase d’assimilation essentielle, et permet justement de ne pas se sentir trop perdu dans ce nouveau monde sans repères apparent …

 

Car attention, le Web 3.o risque de nous décoiffer grave …

 

 

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Qu’est ce que le Web 3.0 ?

« Il y a une différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin »

“Le Web 3.0 est avant tout l’émergence de l’intelligence artificielle issue de l’intelligence collective » O’Reilly. Ce qu’on peut traduire en décodé par  « la force est dans le réseau », un air déjà connu puisque la vieille maxime dénommée “loi de Metcalfe”  (du nom du créateur du protocole Ethernet) stipulait que « L’utilité (la valeur ?) d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs », ce qui explique en partie l’incroyable envolée de bulle la spéculative qui s’est bâtie autour d’Internet avant d’exploser comme une bulle de savon en 2000 !

Pourtant, nous ne sommes plus très loin de cette réalité, le PageRank de Google, qui base ses statistiques sur la conduite des internautes en matière de liens, l’atteste.
O’reilly va plus loin, selon lui l’information proviendra de plus en plus de “sensors” (détecteurs, palpeurs), véritables artefacts de « l’homo internitus ». C’est du coup un monde virtuel déjà en place qui apparait, réservé pour l’instant  à une minorité d’élus (geek), comme quoi  “le futur est déjà là mais il n’est pas encore distribué équitablement.”.

Nouveau contexte qui a une traduction économique très concrète. Désormais de son ordinateur l’internaute peut créer de la richesse à partir de données numériques, le web dissocie matérialité et possibilité d’action, l’immatériel devenant un mode d’action au même titre que les objets matériels dans l’environnement quotidien.
La mobilité est une autre caractéristique de l’univers de plus en plus nomade des citoyens du village global et mondial, ils sont connectés en permanence au réseau, où qu’ils se trouvent !L’être humain de 2007 se retrouve et se développe désormais avec des « prothèses » qui sont autant de prolongements de lui-même : ordinateur, souris, téléphone portable, agenda électronique …

L’artefact devient un complément indispensable, quasimment au même titre qu’un membre ! Le risque de se dissoudre dans la Matrice, ce gigantesque monde informationnel qu’est Internet et qui peut nous happer apparait peu à peu …

 

L’être et l’avoir

« As-tu déjà fait un rêve Néo, qui te semblait si vrai ? Si tu ne pouvais pas sortir de ce rêve, Néo ? Comment distinguerais-tu le rêve de la réalité ? »

Internet induit une dématérialisation progressive de l’objet possédé (« l’avoir ») : un fichier (texte, image, son …) n’est même plus sur un support écrit, numérique,  ou sur un disque dur mais peut se retrouver à des milliers de kilomètres au bout d’un simple clic. La dématérialisation est de plus en plus totale.

La prochaine évolution concernera  « l’être ». Le concept de présence notamment est en mutation : la visio conférence va renaitre des cendres où certains l’avaient plongé trop rapidement ; mais dans une version beaucoup plus fun : grand écran avec image haute définition, son surround …
Le développement d’univers parallèles comme Second Life et ses avatars  vont avoir des répercussions insoupçonnées ! Les romans de science fiction et d’anticipation seront bientôt considérés au même titre que les ouvrages de Jules Verne aujourd’hui ! Les kilomètres et les frontières sont abolis dans un monde où l’instantané devient la règle. Le village mondial et global s’affranchit des kilomètres et des frontières. Nous sommes tous voisins dans une cité où nous avatars développeront des vies parallèles ..

 

Le rapport à la connaissance

« On n’est pas le meilleur quand on le croit, mais quand on le sait. »

Internet a transformé radicalement notre rapport au savoir. Une révolution copernicienne à l’onde de choc interminable … L’information n’est plus rare mais pléthorique, inerte mais interactive, monopolistique mais partagée et collaborative. Pourtant plus que jamais, il faut savoir … Mais les vecteurs du savoir sont désormais cognitifs et méthodologiques. Il faut avant tout et plus que tout savoir chercher, trouver, analyser, s’approprier, traiter et utiliser les ressources mises à disposition par la toile.

Le rôle de l’enseignement est central mais différent, porté sur les invariants et non plus sur les variables. Vieux débat, aujourd’hui tranché, l’essentiel n’est plus l’information apprise,  mais ce qu’elle structure mentalement.

D’autant que la transmission de connaissances n’est plus linéaire mais hypertextuelle (notion d’arbres de connaissances chère à Pierre Levy) et que l’étudiant se doit désormais de posséder les capacités d’organiser ses ballades dans le champ conceptuel à acquérir. Pourtant les outils pédagogiques sont quasiment identiques et les enseignements en ligne bâtis sur les mêmes structures que les enseignements traditionnels. La calsse virtuelle ou l’espace numérique de travail ne sont pour l’instant pas entré dans le monde du concret et du réel.

 

Web 3.0 comme 3eme culture ?

« Je ne peux que te montrer la porte. C’est à toi qu’il appartient de la franchir ».

Il y a fort à parier qu’Internet aura le même impact que l’écriture sur la pensée, les institutions et plus globalement sur notre civilisation. Car Internet intervient sur tous ces domaines qu’ils soient de mémorisation, d’analyse, de diffusion avec une différence de taille, la gratuité et le fait que chaque internaute peut bénéficier d’un  espace public d’expression autrefois limité à la seule sphère privée.
Des possibilités qui ébranlent tout l’édifice. Le « second pouvoir » culturel (médias, éditions) subit de plein fouet ce Tsunami qui devient une lame de fond et induit une baisse des ventes des libraires et des journaux… D’autant que l’internaute passe un temps croissant sur son ordinateur. Heureusement tous les secteurs du marché du livre et des journaux ne sont pas affectés de la même façon.

Cette révolution numérique entraînera t’elle  un nouveau processus de « destruction créatrice » , selon la formule de Schumpeter, nul ne le sait … encore …

 

« Je ne crois pas qu’il faille s’en remettre à l’espoir, conseiller,

je crois qu’il faut s’en remettre au temps »

 

 

 

 

Liens relatifs à cette thématique

Citations tirées de Matrix.  

 

6eme république ou Web 3.0 ?

 

Web 2.0, buzz, révélation ou révolution …

 

La réponse de Gutemberg à Google 

 

Le seigneur de la Matrice

 

Big brother is watching you !

 

Et surtout un site à visiter de temps à temps : Transnet de Pisani,

cet homme a déjà un pas de l’autre coté du miroir ! 

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