Nicole Bricq, « the right woman at the right place »

1702336_5_743f_nicole-bricq-le-14-mai-a-paris-deux-jours_4cd75d9083d54ea2140fa458319856a6.jpgLe choix de Nicole Bricq comme Ministre de l’Environnement est une excellente nouvelle, pour la politique en général, tant elle fait honneur à l’engagement public et citoyen, qu’à l’Environnement.
Si beaucoup s’attendait à la voir entrer au gouvernement, c’est plutôt en qualité de Ministre du Budget, dont elle est devenue une spécialiste reconnue. Première femme à occuper la fonction parlementaire de Rapporteure général du Budget, ses interventions étaient redoutées de tous les ministres, ce n’est pas Valérie Pécresse qui me démentira, tant elle s’est fait remuer « grave » par cette grande parlementaire lors de séances mémorables au Sénat.

Si ce blog s’est souvent fait l’écho de son activité de parlementaire au service des territoires et des collectivités, c’est du fait de son travail inlassable, tant à la haute assemblée que sur le terrain et dans des domaines trés divers. Une présence et un soutien qui ne nous ont jamais fait défaut.

Mais Nicole Bricq est également une authentique spécialiste du Développement Durable, qui si elle ne pratique pas le « green washing » et n’appartient pas au club des écolos « addicts aux médias », maitrise toute la problématique de ce domaine, notamment d’un volet souvent sous estimé car quelque peu rébarbatif, mais pourtant essentiel, celui de la fiscalité écologique, car c’est bien là que souvent tout se joue.
Nicole c’est du lourd, voir du très lourd : une détermination sans faille, une grande capacité d’écoute et une puissance de travail incroyable; elle dispose également comme atouts de ses compétences dans la maitrise des outils économiques financiers fiscaux et budgétaires et une très bonne connaissance des différents acteurs du monde de l’écologie, qu’ils soient associatifs, publics ou industriels, et de leurs logiques respectives face à l’enjeu environnemental.
Pierre Radanne (Expert environnemental, Président de l’association 4D et ancien président de l’ADEME) apprécie cette nomination «il n’y avait pas dix personnes capables de prendre un tel  poste ! « , pour lui incontestablement Nicole est dans le lot.
Sentiment partagé par les spécialistes de ces questions. José Bové que j’ai rencontré la veille de la constitution du gouvernement Ayraud (à l’occasion des législatives dans la 6eme circonsription de Seine et Marne) en est persuadé également, à l’occasion il a souligné le rôle de Nicole dans la mobilisation contre l’exploration des gaz de schistes, et la qualité de son travail parlementaire dont sa proposition de loi sur l’exploitation des gaz de schiste est l’illustration.

Une nomination qui atteste que l’environnement constitue un axe déterminant de la politique de François Hollande et Jean Marc Ayraud. Avoir confié ce poste non à un(e) responsable verte mais à une socialiste, principale animatrice du Pôle écologique du PS et Rapporteur Général du Budget de surcroit, indique clairement l’importance que le dossier de la transition énergétique aura dans le dispositif gouvernemental et sa politique économique et budgétaire.
tant ce domaine est stratégique a bien des égards …

 

 

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La priorité poursuivie par le gouvernement Ayraux est clairement exprimée : lutter efficacement contre le réchauffement climatique et les émissions de GES.

Encore faut il pour atteindre cet objectif réduire l’utilisation des énergies carbonés (ou fossiles) et développer les énergies renouvelables. C’est un enjeu environnemental évident, mais également économique et social, j’y reviendrais.

Chacun perçoit, sans être pour autant un grand spécialiste de la « chose écologique », le lien évident entre énergie et émissions de GES, pour agir efficace, il faut coordonner ces deux domaines, c’est incontournable, sinon rien n’est possible.
Ce constat a mené Jean Marc Ayraud à proposer à Nicole Bricq de devenir « Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie », un retour à la normale (depuis 2010, Nathalie Kosciusko-Morizet ministre de l’environnement, n’avait plus la responsabilité de l’énergie) salué par tous les acteurs impliqués, qu’ils soient associatifs ou industriels.

La feuille de route de la nouvelle Ministre pour les prochains mois est chargée (ce qui ne risque pas de l’abattre quand on la connait !). Elle devra préparer le grand débat citoyen sur la transition énergétique promis par François Hollande, tant il est incontournable de consulter les français sur des décisions qui inévitablement impacteront leur quotidien, comme leurs perspectives à court et moyen terme. Une dimension des usages et des remises en cause du vivre au quotidien qu’il faut absolument intégrer avant de  déterminer les bons axes d’action et le niveau des ambitions à poursuivre.
Il lui faudra piloter également un dossier délicat, voir explosif … la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et engager ainsi le premier démantèlement d’une centrale nucléaire sur notre sol afin de prouver la réversébilité de cet équipement. Nicole a l’avantage de n’appartenir a aucun lobby et de ne défendre aucun dogme, elle n’est ni pro, ni anti nucléaire, mais avant tout pragmatique. Elle aura ainsi toute liberté pour dégager les effets leviers, trouver les points de consensus qui permettront de débloquer la situation, sans idéologie mais concrètement. Dans le même temps il lui faudra développer les énergies renouvelables, afin de relancer l’économie verte, et faire adopter toute une batterie de mesures destinées à renforcer l’efficacité énergétique, surtout pour le vieux bâti, le plus énergivore et où vivent les plus démunis.
Autant de pistes qui permettront de réduire la dépendance énergétique du pays, de composer un mixt énergétique équilibré, de développer l’emploi et les PME dans des secteurs en tension (liées notamment au BTP (isolation, chauffage) ou aux matériaux bio sourcés), et de réduire la précarité énergétique qui concerne de trop nombreuses familles, notamment les plus modestes.

Malgré le contexte budgétaire difficile et contraint, il lui faudra trouver les marges de manœuvre (dispositifs fiscaux, aides financières) qui permettront d’engager les réformes indispensables (énergie, biodiversité, transports…) facilitant la transition écologique.
Nicole a les capacités pour résoudre une équation qui parait, sinon improbable du moins, complexe, car elle possède la particulartié rare d’appartenir à deux mondes jusque là antagonistes : celui de la finance, de l’économique et du budget, et celui de l’environnement où sa légitimé est indiscutable. N’a t’elle pas contribué à faire évoluer en profondeur et sur le fond le PS sur les questions et la problématique environnementale, puisqu’elle a été une des principales animatrices du Pôle écologiste (2008, congrès de Reims).

Elle est de ces socialistes, dont je suis, qui pensent que les enjeux liés au  Développement Durable ne peuvent être laissés aux seuls verts, tant ils bouleversent la donne politique et sociétale. Ils concernent tous les aspects de notre vie sociale, économique, citoyenne, imposent des arbitrages, et de plus en plus une logique basée sur le long terme, l’esprit de responsabilité, une nouvelle régulation et manière de pratiquer la politique …

Elle est convaincu que la transition écologique doit surtout bénéficier à tous, et que les différentes mesures à prendre doivent tenir compte notamment de l’acceptabilité sociale et ce dans tous les milieux, notamment les plus modestes. C’est ce qu’elle a déclaré dans un entretien au Monde, il y a tout juste quelques jours

 

 

Sa bio en trés bref …

  • 1980 : Première secrétaire de la Fédération de Paris du PS.
  • 1986 : Conseillère régionale d’Île-de-France, Présidente de la commission culture.
  • De 1988 à 1990 : Conseillère technique au cabinet du ministre de la Défense (JP Chevènement).
  • De 1992 à 1993 : Conseillère technique au cabinet de la ministre de l’environnement Ségolène Royal
  • De 1997 à 2002 : Député de Seine-et-Marne, elle remporte le siège de JF Copé
  • 1998, rapport d’information sur la fiscalité environnementale, renforçant le principe pollueur-payeur.
  • 2004 : Sénatrice de Seine-et-Marne, elle siège à la commission des Finances.
  • En 2008 : Elle est élue vice-présidente de la commission des finances du Sénat.
  • En 2011 : réélue Sénatrice de Seine-et-Marne, elle est la première femme à être désignée rapporteure générale du budget au sein de la Commission des Finances.
Au niveau politique, elle a été membre du CERES et proche de Jean Pierre Chevènement  (1980), puis proche de Dominique Strauss Kahn avant de devenir une des principales animatrices du pôle écologique du PS (congrés de Reims en 2008) et de rejoindre François Hollande lors des primaires de 2011.
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